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 L'ignorance est mère de tous les maux. (Saul)
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Sierra Desrosiers
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AVATAR : HAYLEY.
✱ ÂGE : 26
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Mar 9 Déc - 10:46

Vendredi 12, fin d'après-midi. Ma mère rentrait pour la Louisiane demain matin. Pour sa dernière soirée, Saul nous avait invité chez lui. Ce n'était plus la première fois que je venais chez lui mais ma mère, si. Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'elle connaissait mon petit ami désormais et qu'elle le côtoyait souvent grâce ou à cause de moi. Elle l'aimait bien, je le sais. Je le savais car quand nous étions que toutes les deux, elle m'avait déjà donné son point de vue sur le musicien. Elle le trouvait mature, doux envers ma personne, gentil mais le seul bémol: drogué. Ma mère n'était pas dupe. Mon père aussi avait consommé diverses substances durant ses années de jeune adulte, elle connaissait ma plus ou moins grande addiction pour la cocaïne - j'avais d'ailleurs arrêté. Elle ne lui avait jamais fait la remarque, ni à moi de manière très explicite. C'était peut-être ce que je reprochais le plus à ma mère, sa non-franchise et le fait de passer par trois mille chemins pour dire que quelque chose ne lui plaît pas. Je n'ai pas cherché plus loin, cette fois-ci.

En ce début de soirée, j'ai volontairement laissé ma maman et Saul tous les deux, pour me rendre à mon rendez-vous. J'en avais pour maximum une heure et demi s'il n'y avait pas de retard. Voyant que les deux s'entendaient si bien, je partis de la maison sereinement sans stresser que peut-être à mon retour ils seraient en train de s'entre-tuer.

[...]

C'était fou, comme l'annonce d'une nouvelle pouvait complètement chambouler un être humain. Ce n'était pourtant que des mots, qu'une phrase. C'est comme si le monde s'était arrêté, définitivement de tourner, de vivre. J'étais définitivement seule au monde avec la tête pleine à craquer. Ma stabilité, ma joie de vivre que j'avais retrouvé à son retour s'étaient totalement évaporées. J'étais pétrifiée et je le fus encore plus lorsqu'on m’emmena dans cette salle pour faire un examen. Cette salle, je la connaissais que trop bien, qui la première fois avait été lieu de mes exclamations joviales. Cette fois-ci, j'avais retrouvé mon statut de pantin me laissant complètement faire et restant muette. « Oh, une demoiselle. » Je regardais l'écran, puis mon corps. Ce n'était pas possible, scientifiquement parlant. « Elle est bien petite pour 22 semaines. » L'homme annonça, regardant ensuite ses feuilles, avant de me lancer un regard qui en disait long. Ce regard qui dit que tu fais de la merde avec ton corps. Il m'expliqua avec les mots et j'hochai timidement la tête, en ravalant ma salive. Non, non je ne voulais pas. Je n'étais pas prête, absolument pas. Je me suis dépêchée de sortir après la fin du rendez-vous, embarquant ces fichus paperasse. Je me suis perdue dans les longs couloirs pour m'exiler dans un coin et craquer. J'ai du passer une bonne partie de mon temps à pleurer assise sur le sol, sans me rendre compte du temps qui filait. Ce n'était pas moi, ce n'était pourtant pas mon genre de me résoudre à l'échec, à la fatalité mais avais-je le choix ? Bien sûr que nous, c'était foutu, je ne pouvais plus faire marche arrière. Je sortis mon téléphone portable de mon sac et remarquai les appels manqués de Saul et ses sms. Presque trois heures et demi que je m'étais absentée. Qu'est-ce que j'allais lui dire ? Et ma mère qui était-là ? Leurs réactions ? Je pouvais prévoir la réaction de ma mère mais celle de Saul... Mon Dieu. Une boule se formait dans ma gorge. Je m'étais vraiment foutue dans la merde jusqu'au cou. Viens me chercher stp, j'ai un souci. J'ai envoyé par message à mon copain, ne trouvant rien de mieux à faire. Oui j'avais un souci, un très gros souci. J'ai décidé finalement de me redresser pour me rendre aux toilettes et me rafraîchir. J'en tremblais.
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Mar 9 Déc - 17:00


Ça fait un peu plus d’une semaine que tu es fixe. Fixe… Quatre lettres qui ne t’ont jamais réellement rassuré. Quatre lettres que tu as fui ces deux dernières années et que tu embrasses aujourd’hui. Étrange pour toi de rester dans la même ville plus de vingt-quatre heures, non ? Encore plus de comprendre que tout s’est arrêté parce que c’est toi-même qui l’a décidé. Beaucoup de questions fissurent ta décision mais tu sais que c’était ta meilleure option. Il faut que tu grandisses un peu, que tu calmes tes conneries avant que ça t’envoie à la morgue. Alors pour une fois, tu as choisi la maturité et tu t’es installé à San Francisco pour de bon, auprès de ta copine. D’ailleurs si tu arrives à accepter ton choix aussi bien, c’est grâce à elle. Tout est plus simple à ses côtés alors tu es totalement incapable de regretter la fin de tes voyages. Vous aviez perdu trop de temps et la distance a creusé suffisamment de plaies pour que tu réagisses. C’est ça le grand miracle dans ta vie actuellement. L’intérêt que tu portes à Sierra. La confiance aveugle que tu as mis en elle inconsciemment et votre complicité qui t’as fait comprendre qu’elle est entrée dans ta vie pour une raison bien spécifique. Tu n’as jamais été du genre à croire en ces choses mais ça te semblait trop flagrant pour passer à côté cette fois. Votre histoire est arrivée sans prévenir et contre toutes attentes. Même contre vos propres attentes.

Tu étais pratiquement toujours avec Sierra en ce moment. Elle chez toi ou toi chez elle, ça n’avait plus trop d’importance. Vous étiez ensemble et c’est ce dont tu as le plus besoin en ce moment. De cette façon, tu as eu la chance de faire plus ample connaissance avec Yaël, sa maman. Tu adores cette femme. Pas seulement parce que c’est la mère de Sierra, aussi car elle est ouverte d’esprit et que sa gentillesse est immense. Évidemment elle restait quelque peu méfiante, sur ses gardes mais tu n’étais pas vraiment capable de lui en porter préjudice, tout simplement car tu comprenais la protection qu’une mère peut avoir envers son enfant et c’est le cas pour elle et Sierra. Pour la dernière soirée en ville de Yaël, tu as pris la décision de l’inviter chez toi et de préparer le dîner. La cuisine, c’est une des habitudes que tu as délaissée avec la tournée et maintenant que tu pouvais prendre le temps que tu voulais, tu t’es dit que c’était le bon moment pour te remettre aux fourneaux. Les gens te croient jamais quand tu leur dis que tu sais cuisiner et ça te fait toujours rire de la même façon que lorsqu’on t’a sorti la remarque la première fois. Ce soir, vous étiez donc chez toi, posés tranquillement à discuter de tout et de rien. Sierra devait s’absenter durant une courte durée mais tu n’étais plus aussi anxieux de te retrouver seul avec ta belle-mère. En fait, plus vous discutiez et plus c’était le contraire. La conversation était fluide et agréable. Elle m’a même aidé à préparer le repas en me conseillant quelques trucs.

Tout se passait plutôt bien jusqu’à ce que le retard de Sierra s’accentue de plus en plus. Au bout de la première trentaine de minutes, tu t’es dit qu’il y avait dû avoir plus de patients que prévu. Une heure trente après, tu as commencé à lui envoyer des messages sans qu’elle ne te réponde. Yaël a commencé à s’inquiéter. Son inquiétude est vite devenue contagieuse. Tu l’as appelé et elle ne répondait toujours pas. Tu as mis ta veste et tu t’apprêtais à partir lorsque tu as reçu son message, qui ne t’a pas du tout rassuré d’ailleurs. Tu as prévenu Yaël que tu allais la chercher et tu es sorti de chez toi, entrant rapidement dans ta voiture pour te diriger vers l’hôpital. Sur la route, tu as dû te faire au moins une vingtaine de scénarios possibles. T’étais inquiet, voire plus qu’inquiet et tu souhaitais juste te tromper. Tu supporterais mal qu’elle soit malade et ton imagination ne t’aidait en rien cette fois. Elle t’enfonçait plutôt. Tu t’es garé dans le parking et tu t’es dirigé vers l’entrée principale. Tu as sorti ton portable en lui répondant que tu l’attendais à l’entrée et t'as patienté, en essayant de calmer tes angoisses.
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Sierra Desrosiers
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Jeu 11 Déc - 2:01

Je venais d’envoyer un sms à mon copain, me demandant si j’avais bien fait sur l'instant. Malheureusement, il fallait bien que je finisse par retourner chez moi, je n’allais pas rester ici des siècles. Bizarrement cette fois-ci ce n’était plus un souci de rester dans l'hôpital, plutôt ironique étant donné que je n'appréciais pas ce lieu. J’ai essuyé mes larmes et me suis levée pour me rendre finalement aux toilettes. J’avais besoin de me rafraîchir, ce que je fis quand je les atteignis. Je me passai de l’eau froide sur mes joues et mon front, ça me faisait déjà du bien. Le temps que Saul arrive, j’en avais pour un gros quart d’heure. J’ai longuement regardé l’enveloppe marron que le gynécologue-obstétricien m’avait donné. La main tremblante, j’ai fini par l’ouvrir et sortir une des feuilles d’échographies pour l’observer attentivement. Mon nom était pourtant bien dessus, ma date de naissance, cette radio était pourtant bien à moi. J'ai longuement regardé la forme foncée, un air de déjà-vu un an auparavant. Je soufflais. J'étais enceinte. Je devais l’accepter, je n’avais pas le choix et ce serait stupide de ne pas le reconnaître. J’étais donc enceinte de cinq mois et je ne le savais pas auparavant. C’était assez dingue et ça m’angoissait, je n’étais pas encore prête et apparemment  mon cerveau non plus puisqu'il l’avait ignoré pendant tous ces mois. Pour moi, c'était ça le pire: comment vouloir d'un bébé ignoré ? Je n'avais aucun symptôme de grossesse. Il n'était pas attendu, personne n'en voulait. Je me suis longuement regardé dans le miroir en m’attardant ensuite sur mon ventre. J’écarquillais les yeux, me retenant de crier. Mon ventre plat n'était plus, mais était désormais gros et rond. Putain de merde. Dans quelle autre dimension étais-je ? Ce n'était pas possible. J'étais peut-être en plein délire hallucinatoire. Au final, je dormais peut-être ? J'étais peut-être toujours chez Saul, en train de piquer un petit somme. Pourtant, lorsque j’ai sursauté quand une dame est entrée dans les toilettes, elle me semblait bien réelle et bien enceinte également. « Oh, vous attendez quoi ? Moi un petit garçon. » M'a-t-elle adressé. Je l’ai regardé du coin de l’œil. Elle s’est permise d’attraper la feuille qui était en train de me glisser des mains. « Une fille, c’est trooop mignon. » C’était qui cette débile niaise là ? Je l’observais d’un air blasé alors qu’elle était en train de s’exciter sur une grosse tache noire difforme, qui ne ressemblait à rien sur l’échographie. « Ouais. » J’ai lâché avant de lui arracher le papier des mains et de le garder contre moi. « Ça ne va pas ? » Non, ça n’allait pas. Ça n'allait pas du tout et je n’allais pas me confesser à une inconnue dans les chiottes de l’hôpital. J’ai remis mon bonnet sur la tête, en fermant ensuite mon gros manteau d’hiver, en ne galérant presque pas avec ce nouveau ventre, venu d'une autre galaxie. « Je sais, j’ai deviné, vous aussi le père vous a lâché ? » Sans me contrôler, j'ai regardé d'un air mauvais la femme. Ignorance is your new bestfriend. Je me suis dépêchée de ranger mon enveloppe maladroitement dans mon sac à main et je me suis littéralement enfuie d’ici. J’avais le cœur serré et je me sentais fiévreuse lorsque j’ai lu le message de Saul, qu’il m’attendait à l’entrée. Je me suis dépêchée de m’y rendre, m’imaginant un tas de scénarios possibles lorsque je lui annoncerais la chose. Je ne pouvais plus avorter, alors dans le pire des cas je me retrouverais encore seule. Quand je l’ai vu au loin, j’ai doucement inspiré et expiré pour me redonner du courage. Allez tout va bien, on sourit ça va le faire. « Salut. » J’ai dit en souriant, gardant une légère distance. Mon sourire s’effaça subitement, non je n’y arrivais pas. Je me sentais affreuse. « Saul, je… » Bordel, comment j’allais lui annoncer ça ? J’ai fermé un instant les yeux en inspirant profondément. J’ai capturé à nouveau les pupilles de mon copain. « Je suis enceinte. » J’ai fini par dire, complètement franche, je n'allais pas passer par quatre chemins. « Je ne peux plus avorter, j’en suis à cinq mois. » J'ai continué à dire le souffle court et rapide. A nouveau, je sentais mes yeux me picoter ; l'annonce des larmes. « Je suis désolée… » Ai-je fini par dire avec un ton de désespoir. Jamais je n'avais voulu lui infliger ça, il venait juste de rentrer pour de bon de sa tournée interminable. Je ne sais même pas pourquoi je me suis excusée au final, comme si j’avais décidé d’être enceinte contre sa volonté. J’ai baissé un peu la fermeture de mon manteau, pour qu’il voie par lui-même le dégât et pour qu'il comprenne.
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Jeu 11 Déc - 23:31


À force de penser, ton esprit s’est fait la malle. T’es entré dans un de ces moments d’absence, régi par tes angoisses et ton incertitude. Les questions n’étaient plus que des échos lointains. Tu te sentais simplement déconnecté et quelque part, c’était sûrement préférable. Plus de films improbables, plus d’angoisse grandissante, plus de drames possibles. Juste le malaise de ne pas comprendre et de ne rien savoir. Tu as dû patienter durant quelques minutes avant que sa silhouette se dessine dans ton champ de vision. De loin, tu voyais rien. Absolument rien. T’as commencé à comprendre, inconsciemment, lorsqu’elle n’était plus qu’à quelques mètres de toi. Ta neutralité n’a fait que trahir le trouble qui commençait à s’infiltrer dans ton cerveau lentement. Il prenait son temps ce con, histoire que tu savoures la gifle brutale de la réalité plus tard. Tu dis rien mais tu le perçois déjà l’arrondissement discret de son ventre. Tu le sais que c’est loin d’être normal. Salut. Elle sourit mais toi non. Tu comprends pas ce genre de sourire, t’y arrives pas et tu sais qu’il n’est pas sincère. Saul, je… Elle s’attarde, fait monter un peu plus le stress en toi en même temps. Tu regrettes déjà ton passage à vide, ce moment de blanc que rien ne semblait pouvoir venir te prendre mais qui ne faisait qu’annoncer la couleur. Le préambule de quelque chose d’encore plus important que cette angoisse que t’avais en arrivant.

Ses paupières closes se sont ouvertes à nouveau pour que son regard atterrisse tout droit dans tes pupilles. Je suis enceinte. Ok. Ça t’a pris violemment par les tripes. Je ne peux plus avorter, j’en suis à cinq mois. Je suis désolée… T’as rien su faire. T’as rien su dire. T’es resté complètement paralysé. Dieu seul sait combien de temps. T’as pas compris pourquoi elle s’est excusée, pourquoi ça t’explosait au visage comme une grenade. Sans que vous ayez pu choisir, sans que vous ayez pu en discuter au préalable. Parce que ouais, t'as fait le calcul dans ta tête et il ne pouvait être que de toi cet enfant. Ton enfant. Elle a ouvert son manteau et putain, t’as eu l’impression d’halluciner. L’arrondissement de son ventre. C'était pas qu'une illusion d'optique. Non, c’était la confirmation. La concrétisation de cet enfant qui a grandi en elle durant cinq mois et qui continue de le faire, là. T’as rien vu. Tu t’es douté de rien. Et la drogue. La drogue putain. Ta tête s’est mise à tourner assez brutalement et ta respiration était beaucoup trop lente. Pratiquement inexistante. T’étais en train de retenir ton souffle, de te censurer. T’es pas prêt pour être père. T’as que vingt-quatre ans. T’es toxico. T’es paumé. Bordel, c’est pas possible. Elle pouvait pas te quitter le ventre plat et apparaître devant tes yeux enceinte de cinq mois. Vous étiez pas prêts pour ça. Pas maintenant. Pas tout de suite. Et qu’est-ce que tu comptes faire, là, Saul ? Te barrer ? Non. Certainement pas. Tu vas rester et tu vas agir comme t’es censé le faire : Assumer.

T’as avancé de quelques mètres de façon approximative et t’as pris appui contre le mur trop blanc, trop pur. L’odeur aseptisée qui court dans tes narines te calme même pas. T’essaies de respirer normalement, de mettre de côté l’angoisse face à toutes les conséquences qui vont suivre avec ce bébé qui arrive dans ta vie comme un accident. Pour l’instant, tu comprends pas. T’as juste l’impression de rêver. T’es paumé, tu sais absolument pas ce que tu dois faire dans ce genre de situation et tu sais que Sierra non plus, elle n’en sait pas plus que toi. Qu’elle doit être encore plus terrorisée que toi. Elle se remettait à peine de la perte de son premier enfant. C’est trop tôt. Beaucoup trop tôt. Tu sais même pas si elle en veut de ce bébé. Tu sais même pas si elle l’acceptera. Tu sais rien. Tu sais plus rien du tout à l’heure actuelle et tu te sens juste complètement impuissant. Comme un gosse. C’est pas ce que t’es d’ailleurs ? Un gosse. Vingt-quatre ans, vingt-trois pour elle. On nage en plein délire mais tu prends sur toi. Tu sais pas trop comment mais tu le fais. Tu retournes vers elle et tu la prends contre toi, en caressant ses cheveux pour la rassurer ou l’apaiser, t’en sais rien. Tu veux juste qu’elle se calme. Plus jamais tu me dis que tu es désolée d’être enceinte de moi, d’accord ? L’idée même te blesse, en fait. Alors l’entendre, c’est encore pire. T’as la trouille, ouais mais faut que tu sois là pour elle. Il est hors de question que tu la laisses seule avec un enfant. On va rentrer. C’est mieux d’en parler à la maison. Vous alliez pas parler de choses aussi sérieuses alors que d’autres personnes pouvaient vous entendre et tu préférais qu’elle soit plus à l’aise, ailleurs que dans un endroit public. T’embrasses son front avant de la prendre par la main et de l’emmener jusqu’à la voiture dans laquelle vous rentrez rapidement. La route se fait en silence. T’as l’impression que t’as la tête qui va exploser. Yaël est toujours chez toi, à attendre. Je lui ramène sa fille et un petit enfant. Difficile de faire mieux.
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Sierra Desrosiers
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Ven 12 Déc - 3:32

L'expression changeante du visage de Saul me pinça le cœur, littéralement. J'avais la sensation de le décevoir à la suite de cette annonce ou d'être un boulet, ou bien les deux finalement. J'ai subitement arrêté de penser à ma petite personne, au choc de cette nouvelle quand j'ai vu Saul s'éloigner. Il ne fallait pas être médecin pour comprendre, qu'il était vraiment pas au point après que je lui ai dit la vérité. Égoïstement, ou peut-être seulement paralysée je suis restée à le fixer sans rien faire, alors qu'il essayait de diriger l'information tant bien que mal. J'ai finalement fait deux pas en avant pour me rapprocher de lui et tenter de le rassurer (de quoi, franchement ?) ou que sais-je mais il fut plus rapide que moi. Il me fait à nouveau face et m’enlace tendrement. J'ai répondu à son étreinte en posant ma tête contre son épaule, le temps d'un instant. Je l'ai écouté me parler et j'ai hoché la tête de façon positive pour répondre à sa question. C'était promis, je ne dirais plus rien de déplacé et je n'ai pu qu'approuver son idée quand il lança que l'on devait rentrer. Je me suis laissée emmener, main dans la main, jusqu'à la sortie de l'hôpital pour retrouver sa voiture qu'il avait laissé sur le parking visiteurs.

Nous avons pris le chemin du retour, sans plus tarder. Pendant tout le trajet je suis restée muette, regardant la nuit à travers la vitre prendre place doucement dans le ciel. J'ai calé ensuite ma tête contre celle-ci et j'ai fermé les yeux, jouant mécaniquement avec la bague en toc de Saul à mon annulaire. Comment avais-je pu totalement ignoré que je portais la vie ? Durant tous ces mois ? C'était mon corps et je me rendais compte que je ne me connaissais pas autant que je ne le pensais. L'inconscient était-il si fort que ça ? Je me sentais coupable de ne pas m'en être aperçue plus tôt et surtout, ça prouvait bien que mon instinct maternel frôlait le niveau moins huit milles. Je commençais juste à bien ralentir la cocaïne, mais ces cinq derniers mois j'avais clairement abusé, de l'alcool aussi. Même encore hier soir chez moi, avec Camil et Saul. Bon sang, j'avais vraiment tout foiré et ce bébé devait complètement être intoxiqué et c'est d'ailleurs pour cela, que l'obstétricien m'avait dit qu'elle était petite pour son âge et qu'il faudrait surveiller cette grossesse.

Enfin arrivés, il fallait désormais affronter ma mère. Je me sentais nauséeuse, lorsque à peine passée la porte d'entrée, elle m'a presque sauté dessus, elle s’inquiétait toujours énormément. « Te voilà enfin ! Avec Saul, nous nous sommes inqui... » J'ai soupiré quand elle a découvert mon ventre et s'est écriée de stupeur. « Mon Dieu, ma chérie mais t'es enceinte ! » Sans blague, j'aurais pu répondre. Je me suis déshabillée et aie abandonné mon sac à main sur le sol. « Prends soin de Saul, s'il te plaît. » J'ai annoncé à ma mère avant de monter à l'étage pour m'enfermer dans la salle de bain, sans écouter ce qu'elle m'avait répliqué. J'avais besoin d'être seule un moment. J'ai fouillé dans sa trousse à médicaments à la recherche de quelque chose contre les maux de ventre, de tête, n'importe quels maux en réalité. Je me suis énervée contre la petite boîte cartonnée lorsque j'ai vu le pictogramme non conseiller aux femmes enceintes. J'ai juré avant de chercher autre chose sans trouver mon bonheur. J'aurais pu prendre un mélange de quelques cachets, juste histoire de souffler un peu en pensant à autre chose, en oubliant le gros bordel. Cependant, non. Je n'allais pas enfoncer mon cas, j'avais suffisamment fait de conneries sur ce bébé. Alors j'ai préféré utiliser la méthode artisanale en m'enfonçant deux doigts dans la bouche, assez profondément pour que ça m’écœure et qu'automatiquement j'en vomisse. Ce n'était pas mon hobby préféré mais généralement, je me sentais mieux après avoir l'estomac vide. J'ai tiré la chasse d'eau avant de me rincer la bouche. J'ai fini par m'asseoir sur le rebord de la baignoire, le regard rivé sur mon ventre, trop gros à mon goût. Au même moment où j'ai commencé à sentir des tiraillements dans mes seins, je me suis à nouveau mise à pleurer doucement.
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Ven 12 Déc - 21:59


Tu as mal réagi lorsqu'elle t'a dit la vérité. Derrière ton volant, le regard rivé sur la route, tu réagis toujours aussi mal. Pourquoi ? Parce que tu es beaucoup trop conscient. Des parents drogués, qui en voudrait ? Ce gosse n'est même pas encore au monde qu'il est déjà abîmé par ses saloperies et tu peux pas t'empêcher d'être en colère. Contre toi-même. En colère d'avoir été aussi aveugle, en colère de t'être cassé et d'avoir laissé Sierra faire des conneries. Tu ne lui en veux pas à elle. Pas vraiment. La seule personne que tu détestes actuellement, c'est toi et la situation t'oppresse à un point tel que tu es incapable de dire quoi que ce soit. Sierra ne dit rien. Sa tête contre la vitre, elle semble ailleurs. Trop loin pour que tu puisses la trouver certainement. Tu penses à elle, tu penses au bébé. À leur état à tous les deux et t'angoisses parce que tu sais que ça ne s'annonce pas glorieux, que ça sera compliqué. En fait, t'en sais rien. Tes déductions ne peuvent pas être optimistes dans ce genre de situation, c'est surtout ça et peut-être que t'as pas le courage d'en savoir plus pour le moment. Faut pas être devin pour se rendre compte que pour ta copine, c'est pareil. Comment t'as pu être aussi con, sérieusement ? Comment t'as pu la mettre enceinte en connaissant très bien son passé et ses appréhensions ? T'avais beau te sentir coupable, c'était bien trop tard pour changer les choses. Pour revenir en arrière. Et le futur ? Le futur, t'avais peur de l'envisager maintenant.

Vous êtes arrivés, toujours figés dans ce même silence. T'as été le premier à rentrer et t'as refermé la porte derrière ta copine en entendant déjà la stupeur de Yaël. Surprise ! Et quelle surprise... Tu as enlevé ta veste alors que Sierra s'était déjà échappée vers l'étage. Tu l'as observé un temps jusqu'à ce qu'elle finisse par disparaître entièrement puis ton regard s'est tourné vers ta belle-mère qui semblait tomber des nues. Ouais, ça te faisait pareil et tu savais absolument pas quoi lui dire de plus. Sierra est enceinte et l'information tourne en boucle dans ta tête. Tellement fort que tu as du mal à te focaliser sur ce que tu dois faire. C'est quoi la suite du programme ? Pourquoi il n'y a pas de mode d'emploi pour ce genre de situation ? Des tas de trucs défilent dans ton esprit, ils s'emmêlent et tu perds le fil. Tu sais même pas s'il existe ce putain de fil. Sierra est là-haut et t'aimerais juste être avec elle, lui dire à quel point t'es désolé de la mettre dans cet état. Peut-être qu'elle t'en veut à mort, là. Peut-être même qu'elle ne veut plus te voir pour le moment. C'est un truc que tu comprendrais. Incapable de te calmer, tu décides de prendre ton paquet de clopes. Tu t'en sors une et tu l'allumes avant d'en tirer une longue taffe. Yaël ne doit rien comprendre et pour ça aussi, t'es désolé. T'aurais voulu avoir plus de tact avec sa fille mais décidément, c'était pas ton truc.

Tu te diriges vers l'une des fenêtres pour l'ouvrir entièrement et t'asseoir sur le rebord. Si ça n'aurait été que toi, tu aurais été rejoindre Sierra à l'étage mais tu comprenais qu'elle avait besoin d'être seule un moment. C'était la moindre des choses après ce qu'elle venait d'apprendre. Ça devait être atroce pour elle et l'idée qu'elle souffre à nouveau te serrait la gorge. Tu fixes l'extérieur obscurci par la nuit en cherchant une solution miracle. N'importe quoi qui pourrait faire qu'elle se sente mieux mais rien ne te venait à l'esprit. Tu pouvais juste l'accompagner, autant de temps qu'elle le voulait. Être là pour elle, ouais, c'est tout ce qui te venait à l'esprit. Tu ne pensais pas avoir d'enfants aussi tôt. Tu y as déjà pensé, plusieurs fois mais tu t'es toujours dit que t'avais la vie devant toi et là, tu ne sais même pas si cet enfant va survivre à la drogue. C'est ça qui t'angoisse le plus. C'est plus un embryon. C'est un bébé presque formé, qui peut percevoir l'extérieur et ça te terrorise. Tu ne pouvais pas, tu ne voulais pas lui faire revivre ça à Sierra. Ce n'était pas imaginable dans ton esprit. T'as soupiré, complètement dépassé par la situation avant de faire tomber tes cendres à l'extérieur et puis tu te demandais ce que devait penser sa mère, l'inquiétude qu'elle devait ressentir autant que toi pour son enfant. T'as reporté ton attention sur elle, tu savais pas si ça allait la rassurer ou quoi mais tu voulais qu'elle connaisse tes intentions. Je l'aime, vous savez ? Les autres ont souvent remis la chose en question mais là, c'est bien plus que limpide pour toi. Alors je vais rester et m'occuper d'elle. D'elle. Et de l'enfant, s'il est encore avec vous après l'accouchement. Seulement, t'es pas encore prêt pour le citer avec. T'es pas prêt parce que t'as peur de le perdre.
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Sam 13 Déc - 2:57

Yaël // Si je m'attendais à une telle surprise, bien sûr que non ! Ma fille s'absentait quelques heures et elle revenait complètement enceinte, ah ça non on ne pouvait pas le manquer. J'ai voulu ajouter quelque chose mais elle avait déjà quitté la pièce, me demandant de m'occuper de son copain. Légèrement déconcertée, j'ai regardé le garçon avant de jeter un coup d’œil vers les escaliers que Sierra avait emprunté. Fuir, c'est ce qu'elle faisait. Fuir le problème, c'était typiquement moi. C'est ce que j'avais fait suite à la perte de mon fils, laissant ma fille et mon mari seuls, également sans repères. Je les avais abandonné pour quelques mois en retournant chez mes parents sur la côté Est, à Boston plus précisément. Je savais comment Sierra fonctionnait, même si elle était loin de tout me confier. Elle restait mon bébé. Toutefois à mon plus grand regret, nous n'étions plus aussi proches qu'auparavant, lorsqu’elle était encore qu'une jeune adolescente et, ça me manquait parfois. Le décès de Silver avait provoqué une fissure dans le lien qu'on entretenait toutes les deux, elle s'est renfermée sur elle-même puis son départ pour la Californie n'a en rien aidé. Lorsque je lui téléphonais ou qu'on faisait Skype, elle me racontait toujours des détails futiles comme les nouvelles chaussettes Batman qu'elle s'était achetée mais rien de sérieux et important, comme par exemple qu'elle avait récemment quitté son job. Si je ne pouvais plus lire en Sierra, j’espérais que son copain pourrait le faire. Je croyais en leur histoire même s'ils étaient jeunes, même s'ils étaient ensemble que depuis quelques mois. Ils semblaient vraiment tenir énormément l'un à autre, malgré leurs différences. Ils étaient amoureux et c'est ce que le jeune homme me confirma. Je l'ai détaillé en souriant tendrement, je pouvais lui faire confiance. Je me suis avancée près de son perchoir à la fenêtre et j'ai posé une main sur son épaule.« Merci pour ton soutien, elle en a besoin. » Puis de toute façon, il n'aurait pas souhaiter rester à ses côtés, je lui aurais déjà tordu le cou avant qu'il n'ait le temps de prendre ses jambes à son cou. J'allais être grand-mère, si tout se passait bien et je me tenais face à un futur papa. Ils étaient trop jeunes et même si je m'étais réjouie pour la première grossesse de Sierra, c'est ce que j'avais déjà pensé. J'ai passé mon bras autour de lui et je l'ai un peu tiré vers moi, j'étais une mère après tout et parfois les gestes valaient beaucoup plus que des mots de réconforts. J'ai attiré sa tête de garçon perdu sans le brusquer contre mon épaule. « Tout va bien se passer. » J'ai dit d'une voix douce en lui tapotant le bras. Je disais ça pour lui, mais également pour Sierra, comme pour moi. Je l'espérais de tout mon cœur. D'ailleurs, c'était bien la première fois que j'avais un instinct aussi maternel avec un copain de ma fille. J'ai relâché mon étreinte de Saul et j'ai repris la parole. « Tu devrais aller la voir maintenant. Elle veut être seule mais je sais très bien qu'elle aimerait que tu sois avec elle. »

Sierra // Si mon père me voyait, il serait sûrement en train de m'engueuler. M'apitoyer sur mon sort, c'était un peu ce que j'étais en train de faire. A pleurnicher sur mon ventre rond comme un ballon. J'aimais bien fuir, c'était bien plus facile mais je sais que ça ne servait strictement à rien. Les lâches fuient et je pense que c'est quelque chose que je ne pardonnerais jamais à ma mère, de nous avoir laissé papa et moi. Il m'avait toujours dit qu'il y avait une solution à chaque problème. J'ai essuyé mes larmes et je me suis complètement levée. Je n'étais pas tombée enceinte comme la vierge Marie de mes deux, il y avait eu un rapport protégé ou non -je ne me souviens- pas mais dans tous les cas, j'étais fautive. J'ai respiré lentement pour me concentrer. Si j'étais coupable, il était donc totalement inutile de m'apitoyer sur mon sort puisque dans un sens, je l'avais cherché. Source du problème analysée, je pouvais passer aux solutions. Il n'y en avait pas trois milles. Je pouvais effectivement m'amuser à ingurgiter tous les médicaments qui se trouvaient non loin de moi, fumer plusieurs pétards, me faire quelques rails de coke pour complètement tuer le fœtus. Je pouvais aussi me la jouer cascadeuse ratée en me laissant tomber dans les escaliers, peut-être que ça provoquerait une fausse couche ? Si une fausse couché était possible à trois mois et si c'était possible qu'un fœtus meurt in utero à sept mois, à cinq mois c'était easy peasy. C'était quand même la solution la plus radicale et je me blesserais également, en mode 2 pour le prix d'1 comme les gels de douche en réduction chez HEB. A l'inverse, je pouvais décider de complètement arrêter toutes les cochonneries que je prenais et tenter de sauver cette petite fille, là dans mon ventre. L'obstétricien m’avait bien parlé d'une fille ? Le bébé était sans doute drogué, malade... A vrai dire, je ne connaissais pas la gravité de la chose. Je ne savais encore rien, le médecin m'avait parlé d'un prochain rendez-vous la semaine prochaine. Peut-être qu'après tout il était trop tard pour la sauver... Puis comme on dit, des fois il fallait mieux abréger les souffrances. J'ai passé une main dans mes cheveux, ayant retrouvé un peu près mon calme complet après avoir raisonné comme une adulte, parce que oui c'est ce que j'étais censée être. J'ai passé un mouchoir humide pour essuyer mes yeux avant de déverrouiller la porte. Je ne comptais pas rester trois siècles enfermée ici et j'avais besoin de voir Saul. Je supposais qu'il avait besoin de moi. J'ai ouvert d'un grand coup la porte de la salle de bain, pour me retrouver nez-à-nez avec mon copain justement. Ma bouche s'est entrouverte mais aucun son n'y est sorti, malheureusement. Je suis restée comme une conne, pétrifiée pendant une bonne poignée de secondes. J'ai finalement pris l'initiative de lui attraper sa main pour qu'on aille se poser sur son lit dans la chambre à coucher. Au calme. Tous les deux.
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Mar 16 Déc - 0:54


La nicotine voyage, silencieusement, au creux de tes poumons. Tu respires étrangement. Ta cage thoracique enserrée par la préoccupation rend l'acte plus éprouvant. L'air frais du soir qui tombe mord légèrement ta peau. Il t'électrise mais pas suffisamment pour que tu puisses arrêter l'érosion de tes propres pensées. La contraction de tes muscles te donne l'impression d'être tombé dans du béton encore humide. Et tu t'enlises. Tu te laisses dominer par l'ambiance écrasante, tout comme par ta paranoïa qui ne fait qu'aggraver les choses. Dans l'amalgame de tes erreurs, il y a les remords qui crachent. Leur grésillement t'entête et fait crisser la douleur dans ton cortex pour donner naissance à une migraine. Tu te sentais égoïste de ressentir ces émotions négatives alors que la personne à aider dans cette maison se trouve à l'étage. Tu tires à nouveau sur ta clope pour la énième fois, priant pour que ça calme les torrents qui saccagent l'intérieur de ta boîte crânienne. Lorsque Yaël a posé sa main sur ton épaule, tu avais le regard perdu dans la noirceur qui s'étire au dehors. Le contact humain t'a sorti de ta torpeur. Ça t'a sorti la tête de l'eau, ça t'a fait remettre un pied dans la réalité. Merci pour ton soutien, elle en a besoin. Merci ? Tu n'étais pas certain de mériter ces remerciements. Absolument pas. Alors tu n'as rien dit, aphone face à une gentillesse que tu ne t'accordes pas. Finissant ta clope, tu jettes ton mégot par la fenêtre, expirant ta dernière bouffée de nicotine vers l'extérieur simultanément. Tu aurais souhaité mieux pour Sierra. Elle méritait mieux que l'invasion de ce genre de sentiments en elle. De ça, tu en es sûr depuis que tu as appris à mieux la connaître. Les tiens de sentiments passent d'un extrême à l'autre puisque dans la finalité, tu te sens capable d'assumer cet enfant, de l'aimer aussi certainement. Vous étiez trop jeunes. Les choix étaient minimes et balancer ta propre chair dans un orphelinat te paraissait impossible. Il en était hors de question. Tu étais perplexe face à deux problèmes : La survie de l'enfant en question et l'avis de ta copine à son sujet. Tu as besoin qu'elle te parle. Qu'elle s'ouvre à toi et qu'elle te fasse confiance.

L'étonnement s'est infiltré dans tes veines lorsque Yaël t'a rapproché d'elle pour t'étreindre sans brutalité. Si d'abord tu as froncé les sourcils par surprise, tu t'es vite ravisé, découvrant sans réelle surprise que ça t'apaise de savoir que quelqu'un est là et que ce quelqu'un est la mère de Sierra. Tout va bien se passer. Les discours avec toi n'ont aucun effet. C'est plutôt ce genre de moment qui te marque et qui arrive à t'y faire voir plus clair. Docile, tu t'es laissé faire alors qu'elle te tapotait légèrement le bras comme pour te motiver et ça a marché. Tes confusions se dissipaient et tu croyais en ce qu'elle disait. Que les choses se passent bien, c'est ce que tu souhaites depuis un moment. Depuis que tu as décidé de t'améliorer pour Sierra, en vérité. Cette fille aux cheveux enflammés qui a retourné ta vie entière. Au bout d'un court instant, vous vous êtes détachés l'un de l'autre et tu te sentais mieux. Tu devrais aller la voir maintenant. Elle veut être seule mais je sais très bien qu'elle aimerait que tu sois avec elle. Tu as acquiescé avant de te lever et de refermer la fenêtre, coupant ainsi le passage au froid. Tu as regardé ta belle-mère en laissant apparaître sur tes lèvres un sourire plutôt léger mais sincère. Merci. Tu es conscient de tes défauts mais ce que tu ressens pour Sierra n'en fait pas partie. Peu de gens approuvent ta relation avec elle, alors à tes yeux, le soutien de sa mère est important. Sûrement plus important que celui des autres actuellement. Ça ne faisait que renforcer ton envie de rester et c'est ce dont tu avais besoin sans le savoir.

Laissant Yaël seule, tu as emprunté les escaliers pour finalement atteindre l'étage. Tu ne sais pas ce qui peut lui passer par la tête à cet instant. Tout ce que tu sais, c'est que ça ne doit pas être merveilleux. Tu le sais, pour la simple raison que dans ta tête, c'est plutôt le bordel aussi, depuis qu'elle t'a montré son ventre rond. Depuis que son je suis enceinte s'est installé dans ta tête pour ne plus en sortir. Ton calme revenu, tu t'avances plus sereinement jusqu'à ce qu'elle ouvre la porte de la salle de bain assez brusquement. Vous êtes restés figés un moment avant qu'elle te prenne la main et t'emmènes dans la chambre. Tu enlèves tes chaussures avant de t'allonger sur le lit et de la prendre contre toi, entourant ses épaules de ton bras. Comment tu te sens ? Des explications, c'est ce dont tu as besoin. Tu as besoin qu'elle s'exprime, de savoir ce qui la blesse pour tenter de la rassurer. Tu t'attends à ce qu'elle refuse d'en parler maintenant mais tu veux quand même essayer car c'est important.
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Sierra Desrosiers
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Jeu 18 Déc - 0:54

La maladresse, la rancœur, la peur, la déception. Je ne pouvais mettre un nom sur toutes les émotions et les sentiments que je ressentais à cet instant. Mon crâne était en ébullition, comme un volcan qui menaçait d'éclater. Dès l'instant où j'avais retrouvé Saul. Il était pourtant l'homme que j'aimais, je ne devais pas me sentir si stressée que ça. Je n'en avais pas le droit. Je l'ai amené jusqu'à sa chambre, sans vraiment rien dire et je l'ai vu s'allonger sur le lit. Je n'ai pas mis beaucoup de temps avant de l'imiter ; retirant aussi mes chaussures. J'ai senti mon portable vibrer dans ma poche alors je l'ai pris et jeté un bref coup d’œil au nouveau message que je venais de recevoir. C'était ma mère qui me disait qu'elle nous laissait tous les deux pour rentrer chez moi, elle devait terminer sa valise pour demain. La pauvre, annoncer ma grossesse la vieille de son départ c'était un peu abusé. Dans un sens, je n'avais pas eu le choix. J'aurais préféré qu'elle soit épargné de savoir que je l'étais à vrai dire, on n'en avait pas discuté mais je savais qu'elle était aussi inquiète pour l'enfant que je portais. Je supposais qu'être inquiète à plus de deux milles miles l'une de l'autre était dix fois pire. J'ai réglé mon téléphone en mode complètement silencieux et j'ai grimpé sur le lit. Mon petit ami m'a enlacé pour me rapprocher de lui, je me suis totalement laissé faire commençant à m'apaiser à ses côtés. « Je ne sais pas. » J'ai répondu à sa question. Réponse de naze, je le reconnaissais. Réponse inutile et mauvaise pour lui, comme pour moi. J'étais sur le point de craquer, refermant tout un paquet de pensées négatives dans ma boîte crânienne. Il fallait que je parle, bien que j'avais longtemps entendu au cours de ma vie, cette même phrase: il n'y a que les mauviettes qui parlent. C'est ce que Alexia Henley m'avait sorti lorsque nous avions douze ans et qu'elle et ses copines m'avaient forcé à dégager d'un banc de la cour de récréation pour s'y installer, en me griffant et en tirant sur mes habits. Elles avaient déchiré mon tee-shirt préféré aux couleurs psychédéliques, m'avaient fait également mal aux bras ces putains de garces et m'avaient menacé de ne rien dire. Il n'y a que les mauviettes qui parlent m'avait avoué mon prof de boxe anglaise au début du lycée. C'est sûr, c'était beaucoup mieux d'exprimer ses paroles par les gestes. Il n'y a que les mauviettes qui parlent avait finalement dit mon père à ma grand-mère paternelle alors qu'elle voulait tenter de le réconforter après la mort de mon frère. Mais parler n'était pourtant pas une bonne solution pour tenter de m'apaiser ? Saul n'était plus n'importe qui désormais -et depuis longtemps à vrai dire- il serait peut-être enfin temps de s'ouvrir. J'ai finalement posé ma tête sur son torse et j'ai fermé les yeux, pris mon courage à demain et je me suis lancée. « Je ne voulais pas te blesser tout à l'heure quand je me suis excusée d'être enceinte de toi. » Commençons pas le début. Il n'était pas facile pour moi de me confier, je n'en avais pas vraiment l'habitude alors j'espérais m'exprimer clairement. « Tu sais, je me suis déjà imaginée avoir une famille avec toi plus tard. » Je trouvais que c'était la suite logique des choses, deux individus qui s'aiment, ils donnent forcément naissance à un bébé au final, non ? Je ne sais pas... Peut-être que j'imagine l'amour comme dans les contes de fées et c'est mal.« Mais je ne pensais pas de sitôt... » Pourquoi je n'étais pas là, à me réjouir que nous allions bientôt être trois ? « Mais j'ai l'impression que j'ai complètement raté le processus. J'ai ignoré pendant cinq mois que j'étais enceinte. J'ai ignoré qu'un embryon était en train de grandir pour devenir ensuite un fœtus. Mon corps, dans mon propre corps et j'ai rien capté. » En le disant à voix haute ça me faisait mal. Ma gorge me piquait et j'ai respiré calmement. « Comme veux-tu que je sois une bonne mère si pendant tout ce temps, je l'ai ignoré ? Si en plus par ma faute, elle est malade. Qui voudrait d'une mère comme moi, franchement ? » Avec Adriel, je l'avais aimé dès le début jusqu'à la fin. Comment pouvais-je rester optimiste et garder une bonne conscience alors qu'au final j'étais coupable ? Je passais à côté de la création de notre chair à Saul et à moi pour ensuite l'empoisonner par toutes ces merdes que j'avais prise. C'était impossible et dégueulasse. A l'heure actuelle, c'était ce qui me touchait le plus. J'ai essayé de me retenir aussi fort que j'ai pu, je n'avais pas envie d'être à nouveau submergé par une vague de larmes. Qu'est-ce que Saul allait penser de moi ?

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Ven 19 Déc - 18:30


Tu as l'impression d'avoir le cerveau coincé dans un étau et que la pression n'est pas sur le point de se relâcher. Ça vous est tombé dessus comme ça. Sans prévenir. Vous n'êtes pas au point, certainement pas prêts émotionnellement et pourtant, le bébé est là dans son ventre. ll grandit en prenant son temps, raccourcissant le vôtre sans même en avoir conscience. Les miracles n'existent pas et à la place de vous réjouir de créer la vie, vous ne faites que paniquer à l'idée d'être parents. Ce sont des complications que tu ne maîtrises pas, des brouillards qui t'angoissent alors que t'es pourtant habitué à la confusion. Ça te paraît trop immense sur le coup. Tu relativises. Difficilement mais tu n'as pas le choix. Ça te dépasse. Ce genre de choses appartient au monde adulte et tu n'es pas certain d'en être vraiment un. Peut-être à moitié. T'en sais rien en vérité. La sentir contre ton corps canalise tes pensées vers du concret. Vers l'essentiel qui est plus important que tes inquiétudes. Elle est là, auprès de toi. Le reste, c'est secondaire. Les solutions, ça se trouve. Du moins, tu l'espères de plus profond de ton être. Tu laisses tes phalanges se perdre dans ses cheveux, les caressant doucement par la même occasion. Ta respiration est plus régulière mais tu sens qu'elle n'est pas bien. Tu le sens parce que tu la connais. Aussi étonnant que ça puisse sembler aux autres. La complicité que vous avez réussi à tisser en quelques mois te paraît parfois irréel mais c'est là. C'est réel. Tu voudrais la comprendre, c'est ce que t'as toujours essayé de faire depuis que vous aviez commencé à discuter tous les deux. Je ne sais pas. Tu t'attendais à cette réponse. Puisque la confusion en elle, tu la devines. Tu essaies toujours de te mettre à la place des autres. Tu n'es pas le genre de gars qui pose de jugements sans réfléchir. Tu vas plus loin, même si parfois ça t'a fait mal. Je ne voulais pas te blesser tout à l'heure quand je me suis excusée d'être enceinte de toi. Tu souris faiblement lorsqu'elle évoque la chose. Ça t'avait fait mal dans le sens où tu refusais qu'elle se sente coupable de porter ton enfant. Pour toi, elle te faisait un cadeau. Certes, un cadeau précipité et brutal mais un cadeau tout de même. Tu étais mal à l'idée qu'elle soit mal d'être la mère de ce foetus qui s'était installé en elle. C'était surtout ça mais tu ne dis rien, préférant la laisser s'exprimer librement.

Tu sais, je me suis déjà imaginée avoir une famille avec toi plus tard. Mais je ne pensais pas de sitôt... Personne ne le pensait et encore moins vous deux. Cet enfant arrivait sans demander avis au préalable, c'était votre inattendu personnel. Et même si c'était censé être une bonne nouvelle, tu ne pouvais pas t'empêcher de te faire bouffer pour l'inquiétude. Mais j'ai l'impression que j'ai complètement raté le processus. J'ai ignoré pendant cinq mois que j'étais enceinte. J'ai ignoré qu'un embryon était en train de grandir pour devenir ensuite un fœtus. Mon corps, dans mon propre corps et j'ai rien capté. Tu ravales ta salive en l'écoutant, percevant facilement la douleur que ça peut lui procurer de te dire ces choses. Ça te blesse aussi, sans que tu n'oses tellement te l'avouer. Tu aurais préféré qu'elle te l'annonce autrement, à quelques semaines maximum. Pas après des mois. Mais qu'est-ce qu'elle en pouvait ? En quoi était-ce de sa faute ? Comme veux-tu que je sois une bonne mère si pendant tout ce temps, je l'ai ignoré ? Si en plus par ma faute, elle est malade. Qui voudrait d'une mère comme moi, franchement ? Tu t'es retrouvé happer par le silence, par l'absence entière de ta voix qui n'osait pas briser l'air. Tu jouais un rôle dans cette grossesse, toi aussi tu es fautif. En plusieurs points. Tu aurais pu rester, l'empêcher de consommer, être un peu plus chiant et oppressant peut-être mais ça l'aurait aidé en ce moment. Si elle est coupable, tu l'es autant qu'elle. Tu la resserres un peu plus contre toi alors que tu te mets à la hauteur de son visage pour la regarder dans les yeux. Elle a le regard ailleurs pourtant, perdu dans la tristesse.

Tu caresses son visage et t'embrasses ses lèvres un bref instant avant de t'exprimer. Tu réfléchis quand même en te disant que c'est une fille. Votre bébé est une fille et ça t'arrache un sourire un peu con certes mais quand même. Le fait que tu culpabilises montre déjà que tu lui portes de l'intérêt. Si tu serais une aussi mauvaise mère que ça, tu n'en aurais rien à faire de savoir que tu la blesses, tu ne regretterais pas le fait que tu l'as ignoré sans savoir qu'elle existait. Tu le penses vraiment. L'état dans lequel elle se met te semble maternel. Même si tu es persuadé qu'elle ne doit pas s'en rendre compte actuellement. Tu n'étais pas consciente qu'elle était là et c'est compréhensible... Tu as été enceinte de Adriel et tu l'as perdu alors que tu pensais que tout se passerait bien. Ton déni est légitime, même si tu dois me trouver horrible de dire ça et que ça me blesse de le prononcer. Je suis incapable de t'en vouloir pour ça. Tu as été affectée par cette perte et tu l'as vécu en déniant cette grossesse-ci. Ce n'est pas simple pour toi de lui dire ces choses mais ce n'était que la réalité. Votre fille n'était certes pas prévue ou désirée à l'avance mais ça ne t'empêcherait pas de l'aimer et de ça, tu en es sûr. Je ne sais pas si elle sera malade ou non mais si elle l'est, je suis autant responsable que toi. J'aurais pas dû te laisser toute seule et encore une fois, je suis désolé. J'aimerais juste que tu sois heureuse et qu'elle soit en bonne santé. Même si pour le coup, ça te paraissait complètement idéaliste. Tu pouvais pas t'en empêcher. Tu refusais de l'imaginer malade ou pire encore, morte. Tu refusais que Sierra le soit aussi. Tu te posais trois milles questions à ce sujet et tu ne savais pas si tu avais juste ou tort. Je me sens tout aussi coupable que toi, Sierra. Seulement, c'est trop tard et un bébé a besoin de ses deux parents dans l'idéal. Moi je serais là en tous cas. Pour vous deux. Il reste encore quelques temps avant qu'on sache ce qu'il en est vraiment, avant qu'elle soit présente physiquement avec nous et même si tu doutes de tes capacités à devenir mère là en ce moment, moi je crois en toi. Tu y croyais vraiment et sa culpabilité, même si tu aurais préféré autre chose, prouvait bien qu'elle se sentait déjà protectrice envers sa propre chair. Je suis là pour t'aider à croire en toi aussi et je compte le faire.
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Sierra Desrosiers
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Sam 27 Déc - 13:09

Son corps contre le mien, ses bras autour de moi, l'apaisement. Ma voix s'est éteinte alors que ma gorge me brûlait, mes yeux également. Mon copain m'a resserré contre lui et je l'ai vu me regarder dans les yeux, j'ai préféré détourner mon regard. La preuve, que oui, parfois ça me déplaisait qu'on me fixe comme ça et il le savait, je lui en avais déjà parlé. Il était pourtant doux avec moi, malgré ce que je venais de lui avouer. Il a caressé mon visage, caressé mes lèvres du bout des siennes, je me suis forcée à le regarder. Je me sentais bien avec lui, je ne pouvais pas le nier. Il prend enfin la parole. Le fait que tu culpabilises montre déjà que tu lui portes de l'intérêt. Si tu serais une aussi mauvaise mère que ça, tu n'en aurais rien à faire de savoir que tu la blesses, tu ne regretterais pas le fait que tu l'as ignoré sans savoir qu'elle existait. Je fronce automatiquement mes sourcils. Ah bon ? Je n'avais pas vu les choses comme ça. La culpabilité, c'était un sentiment que je détestais et que je ressentais trop souvent, malheureusement. Tu n'étais pas consciente qu'elle était là et c'est compréhensible... Tu as été enceinte de Adriel et tu l'as perdu alors que tu pensais que tout se passerait bien. Ton déni est légitime, même si tu dois me trouver horrible de dire ça et que ça me blesse de le prononcer. Je suis incapable de t'en vouloir pour ça. Tu as été affectée par cette perte et tu l'as vécu en déniant cette grossesse-ci. Un déni n'est pas légitime, on ne peut pas accepter un déni pour ça. Ses paroles sonnaient étrangement à mes oreilles. J'ai perdu un premier bébé, j'avais l'impression de revivre exactement le même scénario bien que cette fois-ci j'étais au courant de ma grossesse plusieurs mois plus tard. Je pensais que tout se passerait bien pour Adriel et je l'ai perdu, alors cette fois-ci alors que je ne le sens déjà pas, est-ce que je peux nous imaginer un futur à trois ? Je me sens tout aussi coupable que toi, Sierra. Seulement, c'est trop tard et un bébé a besoin de ses deux parents dans l'idéal. Moi je serais là en tous cas. Pour vous deux. Il reste encore quelques temps avant qu'on sache ce qu'il en est vraiment, avant qu'elle soit présente physiquement avec nous et même si tu doutes de tes capacités à devenir mère là en ce moment, moi je crois en toi. Je suis là pour t'aider à croire en toi aussi et je compte le faire. Il ne me laisserait pas tomber, c'est ce que j'en ai retenu. J'ai relevé mon visage vers lui pour le regarder. C'était peut-être stupide, mais aucune fille ne pouvait éviter de penser à la rupture de son couple après l'annonce d'une grossesse. C'était complètement censé et de ce côté-là je l'étais, peut-être juste parce que je tenais à notre histoire, ce que nous étions tous les deux. J'avais eu peur qu'à cause de l'addition de la moitié de nos chromosomes, il fuit. Encore une fois. Je l'ai alors enlacé, du mieux que j'ai pu avant de voir que mon ventre m'empêchait d'être aussi proche de lui physiquement que je le voulais. J'ai fermé les yeux un instant en pensant à l'essentiel, oubliant le superflus. Vivre le moment présent, ce n'était pas ce qu'il comptait le plus à mes yeux, à ses yeux, à nos yeux ? Avant de pleurer sur l'avenir, je ferais mieux de ce que je voyais devant mon nez. En couple, amoureuse et j'attendais un enfant, notre enfant. « On va avoir une petite fille. » J'ai dit, d'une petite voix. Un peu émerveillée, peut-être. Se focaliser sur l'instant présent, c'est ce qui était le plus important pour le moment. Vivre maintenant. J'avais toujours cru que j'aurais  pu être enceinte seulement de garçons. Sûrement, parce que je me sentais pas assez fille, pas assez coquette pour en avoir une. « Merci d'être là. » Je me suis un peu redressée à ses côtés, de façon à avoir mon visage au dessus du sien pour l'embrasser tendrement sur la bouche, une main sur sa joue. On pouvait y arriver, à gérer cette grossesse, à deux. On n'est plus fort à deux. Dès demain, après le départ de ma mère, je me programmerais un super planning avec les bonnes choses à faire, à manger et compagnie quand on est enceinte. En clair, récupérer une bonne hygiène de vie. Pour ce soir, j'étais assez fatiguée - du moins, je n'étais JAMAIS complètement fatiguée au point de ne plus pouvoir rien faire pervvert. « Mais ça se trouve... Tu ne voudras plus de moi. » J'ai lancé, avec plein de sous-entendus derrière. Je déconnais pas, c'était important pour moi et ça me tracassait.
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Lun 29 Déc - 18:03


Rassurer les gens n'a jamais été ton fort, ça n'a jamais été un secret pour personne mais tu voulais qu'elle se sente bien avec toi. Tu voulais qu'elle te fasse confiance et calmer ses angoisses autant que t'étais capable de le faire. La savoir mal n'a jamais été simple pour toi et du plus loin que tu te souviennes, ça a toujours été ainsi. Ta protection envers elle t'a souvent dérouté. Couper les ponts avec tes plus proches amis car ils n'acceptent pas ta relation avec elle en est une preuve. Pourtant tu ne regrettais pas ton geste. Pour la simple raison que si ils n'acceptent pas la personne que tu aimes, c'est qu'ils ne t'aiment pas autant qu'ils le prétendent. Alors tu t'en foutais bien de savoir ce qu'ils pouvaient en dire ou en penser. C'est comme ça et il n'y a pas un autre endroit au monde où tu voudrais être si ce n'est qu'avec Sierra. Elle t'a laissé parler sans s'interposer et j'aurais voulu que ça suffise pour la rassurer. Il faudrait certainement des jours avant qu'elle ne se pardonne et qu'elle avance. Peut-être que ça sera difficile, peut-être que ça ne sera pas parfait mais tu veux qu'elle sache que tu resteras. Peu importe les choses qui pourraient arriver. L'envie de partir, tu ne l'as pas senti. Même après à l'hôpital lorsque tu as compris qu'elle partageait son corps avec un nouvel être, ça ne t'a pas traversé l'esprit. Elle ne semblait pas trop comprendre tes propos mais c'était ce que tu pensais sincèrement. Pourquoi serait-elle coupable d'un déni ? Il y avait trop de facteurs à prendre en compte dans cette histoire. Lui laisser supporter toute la culpabilité à ce sujet ne te semblait pas juste. Tu aurais pu lui en vouloir d'avoir ignoré cet enfant qui est le tien, bien sûr que tu aurais pu et l'idée même ne t'enchantait pas mais ce n'est pas en l'enfonçant encore plus dans la culpabilité que les choses iront mieux. Alors t'as choisi d'accepter et d'essayer de comprendre. Tu comptes l'aider à ta manière mais partir est exclus de ton esprit.

Elle t'enlace, galérant un peu à cause de son ventre rond et récent. Tu t'imagines que c'est une question d'habitude ? Enfin, ça te dérange pas plus que ça qu'il soit là, ce ventre. T'es certain que tu t'y feras. L'essentiel étant qu'elle soit là, dans tes bras et qu'elle aille bien. On va avoir une petite fille. Une petite fille, oui. Le résultat de vos deux corps ensemble et l'idée ne te semblait pas aussi atroce que ce que tu as pu t'imaginer lorsque tu te disais que tu ne voulais pas d'enfants. Tu es plutôt content, dans le fond. Content que Sierra soit la mère de ton premier enfant. Le ton qu'elle emploie lorsqu'elle parle te fait du bien alors tu souris légèrement, caressant son visage doucement alors qu'elle est contre toi. Merci d'être là. Elle t'embrasse suite à son remerciement et tu t'attaches à ses lèvres en appréciant la proximité que vous partagez. Je pensais que tu me détesterais. Tu dis entre deux baisers. Sa main caressant ton visage, tu l'observes en te disant que ça aurait pu être pire et que t'es quand même chanceux. Tu es avec ta copine et elle porte votre enfant. Beaucoup de choses allaient changer certes mais c'est une bonne nouvelle, même s'il te faut du temps pour le comprendre entièrement. Mais ça se trouve... Tu ne voudras plus de moi. Tu fronces tes sourcils lorsqu'elle te dit ça. Plutôt choqué qu'elle puisse imaginer ce genre de choses. Ok, c'est nouveau pour toi mais ton désir ne change pas. Sinon tu te sentirais perturbé actuellement et ce n'est pas le cas. Comment ça ? Tu demandes, vraiment intrigué par ce qu'elle dit. Je comprends pas pourquoi je ne voudrais plus de toi. Ça te semblait insensé. Tes sentiments envers elle sont toujours là et t'es pas le genre de mec à être réticent par rapport à la personne que tu aimes. Si elle parlait de mon désir et de mon affection envers elle, elle n'avait aucun soucis à se faire. Tes lèvres voyagent à l'intérieur de son cou tendrement alors que ta main caresse son ventre pour la première fois. Je te trouve toujours attirante si tu parles de ce genre de désir là. Tu ris légèrement ensuite parce que tu te dis qu'elle pense vraiment beaucoup trop.
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Sierra Desrosiers
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AVATAR : HAYLEY.
✱ ÂGE : 26
✱ QUARTIER : SOMA.
✱ COLOCATAIRES : MON MEC & MA FILLE.
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Mar 20 Jan - 19:15

C'est vrai, les choses auraient pu être pire. Etre enceinte de son petit ami, ce n'était pas une fatalité. C'était censé arrivé tôt ou tard, non ? Du moins, si l'on jugeait que son compagnon actuel était le bon, le prince charmant, celui qui avec qui on veut continuer sa vie jusqu'à la mort. Si Saul était le prince charmant ? Face à cette question, nous aurions sûrement rigolé tous les deux. J'avais connu plusieurs déceptions amoureuses au cours de mes premières vingtaines d'années, que je m'étais un peu résolue à finir ma vie seule (avec des chats). De toute façon, ce n'est pas comme si j'allais vivre encore de nombreuses années. Et pourtant... J'étais encore une fois tombée de plus dans les filets de l'amour, bien trop vite. Beaucoup trop vite. Ce dont j'étais certaine désormais, c'est que malgré nos derniers mois difficiles, je lui faisais confiance, plus que n'importe qui. Je savais très bien qu'il n'était pas rare qu'on voit notre couple d'un mauvais œil et alors ? Depuis quand je me souciais de l'avis des autres ? Surtout sur un thème comme celui-ci. Ma vie privée, mes sentiments, au final ça ne regardait que nous deux. Je pourrais tout offrir au brun, comme cette nouveauté dans mon corps ; un enfant. Pas si nouveauté que ça, si je remontais un mois plus tôt. J'aurais cru qu'Adriel pourrait être le bébé miracle après ma stérilité partielle. Ma fille pourrait-elle rattraper cela ? Un vrai miracle après la fin brutale de ma première grossesse ? Mes sentiments étaient plus que changeants face à cette grande nouvelle. Si encore, il y a une heure j'étais plus que malade d'apprendre ma grossesse et que le fœtus était fragile, j'avais envie qu'il s'en sorte pour de bon cette fois-ci. Je n'avais pas envie de perdre un deuxième enfant. La culpabilité de la mort d'Adriel était toujours présente dans mes veines, dans mon esprit et vraiment, peut-être que je pouvais paraître égoïste sur ce coup-là, mais je ne voulais certainement pas revivre la même chose. Je n'avais pas non plus envie de décevoir mon copain.

Ses lèvres dans mon cou me font terriblement frissonner et je souris en voyant sa main venir caresser la rondeur de mon ventre, pour la toute première fois. Il rigole, il m'amuse. Je savais bien que je pensais trop mais j'essaye de dédramatiser la situation en pensant à d'autres choses, choses stupides certes mais ça me détend. Je préfère mille fois parler de sexe que de fœtus malade. « Oui, je parle de ce désir là. Mais me voilà, rassurée. » Je ris un peu, en repensant que lors de ma première grossesse, ma vie sexuelle avait été aussi palpitante que celle d'une momie d'Egypte ancienne. Innocemment, ma main s'était glissée sous son haut et je caressais doucement son ventre chaud. « Il faudrait peut-être que je rentre... Ma mère a son avion demain. » Je n'en avais pas vraiment envie et ça s'entendait rien qu'au ton que j'avais employé. Mais elle partait demain et avait sans doute un million de questions à me poser avant.
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L'ignorance est mère de tous les maux. (Saul)

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