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 Re-meeting around a coffee cup ♥ Leah & Killian
i'll be fine once i'll get it, i'll be good

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Mar 28 Juin - 15:11




    why don't you come and play here



    Je n’ai jamais pensé qu’un jour, j’arriverai à m’attacher à quelqu’un de plus jeune. Du sexe féminin, je veux dire, bien entendu. Après la disparition de Rose, chaque visage que je croisais, chaque sourire, chaque regard me rappelait sa mort. J’ai perdu tout sens des choses, j’en suis conscient. Je pense avoir retrouvé mes sens. Mais là n’est pas le sujet. Durant cette passe d’oubli, de folie – de faiblesse ? –, j’ai trouve ce que je ne devais pas trouver et qui pourtant me redonnais confiance en moi. Jeune et innocente, enfin je crois, la belle Leah m’est apparue, comme ça. Je me suis lié d’amitié, faible que je suis, alors que je m’étais promis que je ne devais pas. J’ai vu en elle la belle Rose qui était parti trop vite. Et un jour, tout c’est arrêté. Plus rien. Disparition mutuelle, oubli ? J’en doute. Elle est restée dans un coin de mon esprit, elle s’y trouve toujours. Quad je vois Rose, à l’intérieur de moi, il m’arrive de la voir aussi. Leah est devenue une part de moi-même que je devrais oublier, pour ne plus me faire de mal.

    La conférence d’aujourd’hui avait été plus longue que prévue. Questions-réponses qui durent des heures, je déteste ça. Enfin, uniquement quand les questions ne son pas intéressante, et là… c’était largement le cas. Dix-neuf heures s’approche, la faim aussi, et mon envie de crevettes au caramel ne fais que grandir en moi. Saloperie, je n’aurais jamais du gouter à ce plat. Passons. Je rentre ou je vais manger dehors ? Dilemme de la journée. Un dilemme qui semble sans intérêt mais qui finalement est source de ma survie. Ne pas manger pendant une journée entière est impossible pour un philosophe comme moi. Je sais pourtant bien que je dois finir mon nouveau livre avant la semaine prochaine, saleté d’éditeurs qui me forcent à écrire alors que j’ai mon propre rythme. Mais rentrer maintenant uniquement pour eux me donne finalement envie de manger au restaurant. Etrange non ? Finalement je me contenterai d’un simple café et un gâteau… Ah, les gâteaux… Enfin bref.
    Le café où je me rends après chaque conférence est, heureusement pour moi, ouvert. En fait, il est tout le temps ouvert. Mais pousser la porter et entendre « Un café et tarte au pomme pour M. Foster !» me fait toujours sourire. Je commence à être connu des gens, à force. Au bout de cinq ans, je trouve ça normal, mais il faut croire que ça me fait toujours un petit effet. Et la table où je m’assois est toujours libre. Etrange non ? Les gens savent-ils qu’une fois par moi, ou certaines fois deux, je viens m’assoir ici ? Ma commande que je n’ai pas réellement passée est déjà arrivée. Rapidité, quand tu nous tiens. Ce café me permet toujours d’oublier la dure journée que j’ai eue. Les souvenirs qui me hantent. Tout. Une échappatoire plus efficace encore que de dormir sur le carrelage de ma salle de bain. C’est dans cet endroit que tout me semble plus facile. Que personne ne vient me déranger. Finalement je sors un morceau de papier. Ne pas rendre mon livre à l’heure me hante plus que prévu. Griffonner des mots, chercher des raisons d’écrire. Un livre sur la pensée est plus dur à faire que je ne le pensais, même si tout est clair à l’intérieur de moi. Pensée sombre, pensée étrange, pensée inattendue. J’ai des choses à dire. Les expliquer devient plus compliquer. C’est dans une concentration extrême que je tombe lorsque je travaille. Et rien n’arrive à me perturber. À moins que…
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Mar 28 Juin - 16:25

    La fin de journée s'approcha.
    Leah n'avait eu que le temps de ranger son appartement. Ranger, plutôt tout déballer. La seule chose qu'elle avait fait, c'est de monter sa bibliothèque et de ranger nombreux livres sur l'étagère, relisant à chaque fois le résumé. Sa bibliothèque contenait plus de deux cents livres. Assez pour s'évader.
    Les livres pour elle, c'était comme son père et le piano. Un moyen de s'évader sans se prendre la tête, les lignes défilent comme les doigts de son père sur le piano. Les moments magiques de sa vie se lisait dans ses yeux, à chaque ligne qu'elle lisait dans un de ses livres.
    Elle se coucha sur son lit, quelques instants et ferma les yeux. Des souvenir firent leur apparition, comme d'habitude le souvenir de son père et d'elle, un soir d'été, près du piano. Leah observait le couché de soleil, ses yeux se fermaient petit à petit. Elle écoutait attentivement le son du piano, le son de son morceau préféré, celui de son père, celui de sa vie. Et elle s'endormit. Ses rêves étaient d'une couleur pastel, comme d'habitude, des rêves magiques. Son enfance en était un, de rêve. Et elle le savait.
    Leah ouvra les yeux et observa d'un œil la cuisine. Vide.
    Elle se leva et pria pour trouver au moins quelques biscuits dans un placard. Vide. Le frigo ne contenait que quelques boissons et la cafetière ne contenait plus de café. Elle soupira et se dirigea vers la porte d'entrée. Un parcours du combattant, les cartons désormais vides ou pratiquement trônait dans le couloir et dans le salon. Elle se faufila entre, prit son manteau, prit assez d'argent pour quelque chose à boire et à manger et son livre qui était déposé sur l'un des cartons. Leah posa sa main sur son jean pour constater que son iPhone était toujours dans sa poche.
    En sortant de l'immeuble, elle observa autour d'elle. Ça ne faisait qu'à peine une semaine que ce coin l'avait accepté. Elle ne connaissait rien, sauf le Luna Café. Elle partit alors à la recherche d'un autre café, d'un autre endroit où elle pourrait lire, manger et boire tranquillement.
    Elle alluma iTunes et mit l'album de Smiths. There is a light that never goes out passa aléatoirement.
    Elle sourit légèrement. Killian faisait surface dans ses souvenirs. Le garçon qui deux ans auparavant était comme son grand-frère, son meilleur ami. Ils s'étaient rencontrés tous les deux dans un des petits cafés de la ville. Ils lisaient le même livre, buvaient le même café. Et cette chanson passait la première fois qu'ils s'étaient parlés. Pendant des heures, ils avaient parlés de littérature, de la vie. C'est seulement à la fin, qu'ils se sont présentés. Pendant des heures entière, du début de soirée jusqu'à la fermeture du café, ils ne s'étaient jamais dis leurs prénoms, leurs noms et leurs âges.
    Vers une heure du matin, ils s'étaient posés sur un banc, et avaient commencés à rire, pour la même chose. Ils ne savaient rien d'eux, sauf leur auteur préféré. Ridicule.
    Et pendant une petite heure, ils visitaient les recoins non-connus de la ville et parlaient de leurs vies. C'est là, qu'elle avait vu qu'il pourrait être un ami formidable. Ce qui était juste. Un grand-frère, un meilleur ami. Elle avait cru que c'était pour la vie.
    Mais la mort de sa mère et la disparition de son père l'a éloigné de Killian. Leah ne voulait pas qu'il sache ça, les journaux avaient juste révélés un incident. Seulement.
    Elle ne répondait plus aux sms, ni aux appels, elle s'était enfermée, devenant pratiquement misanthrope, elle en voulait à tout le monde, même s'ils n'avaient rien fait pour que son monde s'écroule.
    Elle arriva au premier carrefour et découvrit un café, qu'elle trouvait déjà chaleureux rien qu'en regardant la construction. Irving Street Cafe lumina sur le toit. Elle sourit, regarda la circulation qui elle était calme, ce qui était bizarre. Il n'était que dix-neuf heures, son ventre lui fit comprendre qu'il avait faim. Elle posa sa main dessus, fit un sourire en coin et traversa le passage pour piétons qui était devant elle.
    Leah poussa la porte de ce petit café et sourit au serveur. Elle s'assit au comptoir, déposant son livre sur le deuxième tabouret à côté d'elle. Elle observa les personnes derrière elle. Un groupe d'amis rigolaient, d'autres mangeaient et buvaient, seul ou accompagné. Elle éteignit iTunes et décrocha ses écouteurs de ses oreilles et le déposa sur le comptoir. Elle observait les cafés que ce petit commerce offrait et commanda un déca en plus de quelques cookies qui trônaient dans une cloche en verre. Le serveur lui servit tout cela.
    En prenant la tasse, elle entendit le patron :
    «M. Foster, j'espère que le café vous plait, comme d'habitude !»
    D'un coup brusque elle se retourna et observa le client qui faisait un clin d'œil au patron. Sans observations. Elle prit son café et se retourna à nouveau.
    *Foster. Killian... Foster. Killian ?*
    Elle observa d'un œil discret le jeune homme. C'était lui. Elle ne voulait pas qu'il la remarque. Elle avait honte, de l'avoir laissé dans le vent après ce qui c'était passé. Son cœur alla de plus en plus vite. Elle se rappelait de plusieurs souvenirs. Elle se retourna complètement et observa les différentes choses qui étaient sur les étagères en bois derrière le comptoir, au dessus des plusieurs cafetières. Elle caressa sa tasse et glissa ses yeux sur le menu. Elle ne réfléchissait à plus rien de concret. Tout était mélangé. Tous les souvenirs qu'elle avait avec lui refaisaient surface, les pires comme les meilleurs. Elle se rappela qu'elle avait eu un faible pour lui pendant un moment. Et qu'elle avait tout fait pour le cacher, ce qu'elle avait plutôt bien réussi, d'après elle. L'oublier, ne plus lui répondre, l'arrangeait un peu, même si ça lui arrachait le cœur. Elle ne voulait rien entre eux. Et il n'y aurait rien. Il n'était pas porté sur l'amour, elle le savait. Et c'était bien d'un côté, elle ne l'aurait jamais perdu d'après elle. Mais tout compte fait, si. Et pas de la faute de Killian, mais d'elle, ses problèmes et ses sentiments. Elle découpa avec ses mains un morceau du cookie, le mangea, et se retourna sur l'autre tabouret pour prendre son livre. Il tomba et son marque-page partit quelques centimètres plus loin. Ce marque-page était la fameuse photo, d'elle, de son père, sa mère et sa sœur, assis sur le tabouret du piano, riant, les étoiles dans les yeux. Elle descendit du tabouret pour ramasser.


J'ai fais exprès pour la chanson.
Désolé des fautes et du temps de réponse, la chaleur me donne la flemme d'écrire vite et correctement.
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Mar 28 Juin - 19:46

    Le travail sur la pensée m’épuise plus qu’autre chose. À force de me consacrer uniquement au travail, je finis par ne plus en dormir résultat… Je dors en travaillant. Pas très vendeur comme option, pour un écrivain. Enfin passons. Je suis tellement absorbé que je n’en ai même pas encore mangé une vulgaire miette de la tarte aux pommes fraichement faite, bien que je meure de faim. Mon café attend aussi, mais ce cher ami vendeur a pensé à me le faire bien chaud, habitude, il sait pertinemment que je vais le boire presque froid. Troisième page que je froisse, sans intérêt, je pense plus à autre chose qu’au livre que je dois sortir la semaine prochaine. Et mes pensées sont roses, puis noires. Et pour une fois, je ne pense pas à Rose, ni même à ma vie passée, mais à Jordane Iver, bien étrange femme aussi envoutante que dangereuse. Serais-je tombé sous son charme ? Ou la détesterais-je sans réellement m’en rendre compte ? Tout cela est bien trop compliqué pour que j’y pense en cet endroit, endroit censé me relaxer et m’aider à m’évader. Alors autant vider mon esprit non ? Voilà que je reparle à moi-même.
    Le temps n’est pas de mon côté, en ce début d’été. La chaleur s’immisce peu à peu dans le café, bien que le patron fasse tout pour rafraichir l’endroit. En passant une main dans mes cheveux, je pris la tasse de café tiède et posa mes lèvres avant de rapidement prendre une gorgée. À son habitude, le patron me posa sa fameuse question sur le gout de son « grand cru », comme il le nomme. Un clin d’œil suffit toujours à le faire rire, et à lui faire comprendre que je suis absolument satisfait. Retour au travail, non sans manger une bonne moitié de la tarte m’attendant toujours dans sa petite assiette blanche. Toujours aussi délicieuse. Je ne suis décidemment jamais déçu en venant ici.
    Mal rasé, je me mis à gratter mon menton. La chaleur, une fois de plus, me faisait décrocher de mon travail. En arrivant ici, je n’avais réussi à écrire qu’une demie page, et je doute que celle-ci entre dans mes écrits passés, que j’ai rédigés il y a environ une semaine. La fin d’un livre est toujours la plus difficile à écrire, et encore plus si ce livre n’est pas réellement une histoire. Un écrivain de roman sait toujours, ou du moins souvent, ce qu’il va écrire à la fin, si le personnage principal va mourir ou non. Mais un essai, philosophique donc, est loin d’être simple, mais tellement plus passionnant. Enfin, les adolescents de nos jours sont toujours plus intéressés par J.K Rowling que par mes ouvrages… Et voilà, je parle comme un vieux maintenant ! Être un professeur me fait penser comme un homme mature, alors que je suis loin de l’être… Qu’est-ce que ça va être dans quelques années ?
    Et tout est terminé. Non, pas mon livre, malheureusement, mais mon encas et mon café. Fini bien trop vite, comme toujours, et c’est avec plaisir que j’en reprendrai d’autre, mais enfin, je tiens à garder la ligne même si je suis seul, et mon porte-monnaie, lui aussi, y tient… Car même écrivain, ça ne paye pas tant que ça ! Me levant alors pour saluer le patron et aussi pour payer, mon pied glissa légèrement sur un étrange morceau de papier, que, par politesse, je ramassai. La jeune femme devant moi, beaux cheveux longs, semble être la propriétaire. « Mademoiselle, je suppose que c’est à vous ? ». Ton chaleureux et sourire aux lèvres. Deviendrais-je sympathique ? Ne l’ai-je point toujours été ? Mon regard bouge alors, voyant un livre qui s’avère intéressant posé sur l’ouvrage posé sur un tabouret. « Si je puis-me permettre, ce livre est… ». Ce visage. Ce doux visage devrais-je même dire. La voyant se relever, cherchant à fuir mon regard, me ravivai de bons souvenirs, ainsi que des mauvais. Hésitation soudaine. Joie ou fuite ? Je ne sais vraiment si je dois la prendre dans mes bras car je suis heureux de la voir, ou si je dois partir en la saluant légèrement. Pendant deux années, je ne l’ai pas oublié, une nouvelle Rose, une nouvelle petite sœur. Et là, devant mes yeux, je la vois. Je tendis alors le marque-page sans dire un mot, ne sachant que faire. Crier son nom serait sans réel intérêt. Le murmurer, de même. « Deux longues années, hein ? ». Et je parle sans réfléchir. Je ne maitrise pas mes pensées, alors que j’écris un livre dessus. Etrange comportement que le mien. To die by your side is such a heavenly way to die... Cette chanson revient dans mon esprit... Mes pas se lancent et je paye le serveur rapidement avant de vouloir partir... Bien que je ne sais si j'en ai réellement envie...
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Mar 28 Juin - 20:50

    Non, elle n'allait pas se lever dans sa direction, elle jeta un discret regard sur lui. Priant pour qu'il ne la reconnaisse pas, ne la voie à peine. Elle voulait juste qui se concentre sur ses pages qu'il griffonnait. Leah se doutait que c'était son livre. Il a deux ans, il parlait déjà de ça, même le jour de leur rencontre. Son rêve, comme il disait. Il n'a jamais voulu lui donner ses premiers jets, jamais donner un indice sur l'histoire. Elle le comprenait. Garder l'histoire pour l'écrivain, c'est ne pas se décourager, ne pas être plus stresser qu'on ne l'est déjà. Écrire un roman, c'est un coffre aux trésors qu'on construit, qu'on remplit pour après, laisser les gens trouver les ficelles du dénouement de ce coffre. Pour après, trouver et découvrir la vie, les efforts que l'écrivain à laisser entre les lignes.
    Elle aussi aurait voulu écrire un livre. Mais elle ne dépassait jamais le prologue. Elle essayait mais les nombreux essais finissaient en boules, comme les papiers que Killian jetait à côté de son café. De la même violence, du même désespoir.
    Elle n'avait pratiquement rien vécu, elle était fragile. Elle n'avait que vécu du bonheur, le rêve de chaque personne sur Terre. Elle n'avait rien vécu d'autres. Donc, ne savait pas décrire de situation parfaitement, de problèmes. Elle n'avait rien vécu de mal. Sauf ces deux dernières années, et aimer quelqu'un sans retour, en ayant peur de le perdre si les sentiments étaient dévoilés.
    Il ne toucha qu'à peine à son café et se dirigea vers elle.
    Elle ferma les yeux, murmurant quelques mots.
    *Qu'il ne vienne pas, non, qu'il ne me reconnaisse pas*
    Leah ramassa le livre, le remit sur le tabouret derrière elle. Elle se retourna et tendit la main vers la photo. Cette photo qu'elle aimait tellement. Elle voyait les pas du jeune homme s'approcher d'elle. Et il marcha sur le coin inférieur gauche de la photo. Elle était en colère, personne ne pouvait massacrer d'un pas, la seule photo qu'elle avait de sa famille réunie. Mais elle était à bout de souffle. Son cœur se bloqua d'un coup. Ne pouvant même plus murmurer un mot. Elle sentit le parfum de Killian, toujours le même depuis plus de cinq ans. Elle essaya quand même de murmurer quelques mots tout en espérant que le jeune homme ne la reconnaisse point.
    « Atte... »
    « Mademoiselle, je suppose que c’est à vous ? »
    Leah préféra ne rien dire. Elle ramassa la photo sans soulever la tête, sans rien dire. Elle laissa cette question dans le vent. Elle ne voulait pas se relever, elle avait trop peur de la réaction de Killian. Elle soupira, regarda la photo et la mit contre sa poitrine. Elle ne pensa qu'à lui. Elle pensa à sa réaction s'il se rappelait de sa tête ou même de son style de vêtements, si particulier ici. Elle ne pouvait pas rester infiniment la tête baissée. Elle passerait plutôt pour une personne attardée aimant fixer ses chaussures plus qu'autre chose.
    *Souffle et relève-toi*
    Elle se releva et en même temps elle fuia le regard de Killian. Elle se releva lentement et entendit sa voix résonner.
    Sa voix. Ça faisait du bien de l'entendre, elle était si rassurante, si douce en même temps. Elle eu un léger sourire, qu'il n'avait sûrement pas vu.
    « Si je puis-me permettre, ce livre est… »
    « Le nouveau livre de... »
    Elle releva sec la tête, et sans le vouloir, croisa son regard. Elle bloqua.
    Il l'avait remarqué, il l'avait reconnu. Les yeux de Killian la tuait presque. Il la regarda pendant quelques instants. Elle commença à avoir les larmes aux yeux. Elle détectait facilement le comportement des gens et elle pouvait le décrire en quelques secondes. Il était mal à l'aise. Elle déposa la photo entre la couverture et la première page du premier chapitre. Elle ne décrocha pas le livre du regard. Trop peur de regarder encore Killian. Elle avait honte de l'avoir laissé comme ça, seul. Sans réponses.
    « Deux longues années, hein ? »
    Son cœur s'arrêta, ses yeux s'ouvrèrent d'un coup. La dernière chose qu'il aurait pu dire.
    Des larmes discrètes coulaient le long de ses joues. Elle ne releva pas la tête. Elle avait tellement honte. Leah était tellement gênée. Elle posa son regard sur lui, discret. Il s'approcha du comptoir, tendit un billet et murmura un mot de politesse au serveur. Et il quitta le café. Elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait partir, le rattraper. Elle voulait le retrouver, mais il n'y avait plus que de la honte entre eux deux, et sûrement un peu d'amour. S'il en restait du côté de Killian. Elle vit Killian s'échapper un peu plus de son regard. Elle fouilla dans son manteau, emballa les cookies dans une serviette et lança un billet sur le comptoir et fit un signe au serveur. Elle prit son livre, déposa son iPhone dans la poche de son manteau ainsi que les cookies qu'elle avait précieusement emballé dans une serviette. Puis elle sortit du café. Elle rattrapa Killian, elle était derrière lui et son cœur jouait avec elle. Leah attrapa la main de Killian. Il se retourna. Elle se plongea dans ses bras et commença à pleurer tout en murmurant d'un air désolé et désespéré :
    « Désolé... désolé... Excuse-moi... Désolé. »
    C'était la première fois qu'elle pleurait. Elle n'avait jamais pleurer devant lui. N'avait jamais pleurer tout court. Sauf ces deux dernières années.
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Mer 29 Juin - 10:01

    En ouvrant la porte du café, j’ai cru l’arracher. Mon cœur bat à son maximum. Habituellement, mon cœur bat rapidement, certes, mais j’aime ces battements rapides, ils me réconfortent pour une raison encore inconnue. Mais là, ces battements m’arrachent la poitrine, me déchirent, me rendent fou. Je n’ai pas été dans cet état là depuis cinq ans. Et à vrai dire, je ne pensais pas entrer dans cet état avant vraiment longtemps, si ce n’est jamais. Revoir celle qui a prit la place de ma petite sœur après ce qui m’a semblé une éternité s’avère être une horreur plus qu’une joie. Cela peut paraitre étrange, je le sais, mais en la perdant, j’avais l’impression de revoir Rose mourir. Perdre à nouveau ma sœur. Et devoir reprendre ma vie à zéro, mais si étrangement, je ne l’ai pas fait. J’ai accepté cette séparation, bien que nous ne soyons pas en couple, et bien que celle-ci soit une des plus douloureuses que j’ai vécue. Je n’en ai pas pleuré. Mais intérieurement, mon esprit a souffert.
    Le pas décidé que je prends pour marcher plus vite doit certainement attirer l’attention de certaines personnes. Mon regard est froid et mes poings serrés. Une journée de gâchée. Mais je sais que je n’ai pas envie de partir, que j’ai envie de la voir, de lui parler, de la prendre dans mes bras. Non, pas de pleurer. Mes réactions incontrôlables sont de plus en plus fréquentes, et ce surtout en compagnie de personne que j’apprécie, ou qui alors me rappellent mon passé. Mon psy me dit que c’est normal. Je me dis simplement que ça passera… Même si je sais pertinemment que non. Dure chose que de se mentir à soi-même ! Mais je ne m’en veux pas, en fin de compte. C’est un moyen de survie, comme on dit. Même si on ne le dit pas. Enfin, passons. Je pourrais traverser la rue mais je ne le fais pas, par peur de le regretter. Je sais que ne pas la voir me tuerai. Je me contente de marcher sur le même trottoir, hésitant. Et si je me retournais, est-ce que je la verrais, elle et son si beau sourire ? Ou sera-t-elle toujours au café ?
    Une main m’attrape violement, et à peine ai-je le temps de me retourner qu’elle est déjà dans mes bras. Je vous l’accorde, on dirait une scène de série télévisée… Je ne l’avais jamais vu, entendu pleurer. Ses larmes glissant le long de ses joues me terrorisent plus qu’autre chose. Resserrer mes bras autour d’elle ou la pousser ? Dilemme plus important que celui que j’ai pris précédemment. Je pose doucement mes bras autour d’elle, mais intérieurement énervé. Finalement, j’aurai du rentrer chez moi pour écrire mon livre… Putain d’idée que d’aller boire un café. Je me hais pour ce genre de chose. Je prends toujours les mauvais choix, j’ai toujours pris les mauvais choix. Et là, alors que j’oubliais Ro… je veux dire Leah, elle revient dans ma vie. Mes souvenirs étaient suffisants. Mais il y a toujours des évènements qui viennent troubler votre vie… que vous le vouliez ou non. Ton triste et déçu, le seul moyen de faire culpabiliser quelqu’un et de vous sentir mieux. Je crois. « Deux ans… Pourquoi ? ». Et trois mots, dont un qui me fait trembler. J’ai peur de sa réponse, qu’ai-je fais pour qu’elle parte ? Pour qu’elle me laisse ? Et finalement, je souffre. Mais je ne veux pas savoir que je souffre. Garder le silence est la meilleure option.
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Mer 29 Juin - 11:05


    Elle n'avait pas réfléchis à la réaction de Killian. Son corps l'avait poussé dans ses bras, elle n'avait réfléchis rien au moment où elle s'est laissée aller dans ses bras, comme dans sa tête. Elle espérait qu'il ne la voie pas pleurer, même si les chances étaient minimes.
    Il la serra un peu plus.
    Elle était si bien dans ses bras, même si elle savait que rien n'était comme avant. Elle repensait à quelques souvenirs d'elle et de lui. Ceux qu'ils partageaient. Avant, ils étaient incollables, presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre heures ensemble. Ils ne se laissaient jamais et ils s'amusaient toujours autant. Ils s'étaient promis mutuellement que rien ne les sépareraient. Leah avait rompu cette promesse, la seule de sa vie qu'elle avait effacée, qu'elle n'avait pas respectée.
    Maintenant qu'elle était dans ses bras, elle ne savait plus quoi faire. Les mots étaient sortit tout seuls. C'était comme si depuis quelques instants, elle ne contrôlait plus son corps.
    « Désolé... désolé... Excuse-moi... Désolé. »
    Quelques mots, tellement utilisés par les gens sur Terre, mais tellement sincère du côté de la jeune fille. Elle voulait oublier ce qu'elle avait fait, ce qu'elle n'aurait jamais du faire. Lui faire confiance, et tout lui parler. Mais la honte l'avait emporté peu à peu. Elle n'avait jamais partager cette souffrance. Elle ne savait pas s'y prendre en fait. Elle n'avait jamais connu ce sentiment, ces sentiments. La souffrance, la tristesse, la honte. Leah n'avait jamais su si elle devait tout garder pour elle ou non. Elle avait décidé de tout garder.
    Mauvaise idée.
    Elle était tombée en dépression. Elle n'a plus rien mangé pendant quelques mois, elle s'enfermait dans sa chambre, écoutait de la musique et regardait les nombreux messages et appels de Killian, sans jamais y répondre. Il en envoyait quelques-uns par jour au début et le temps passa. Le temps passa et les messages se faisaient de moins en moins. Elle en pleura. Elle savait qu'il était trop tard, et que si elle y répondait, quelques mois après elle devait s'expliquer. Elle ne le fit pas. Et deux ans passaient. Deux ans d'alcool, de pleurs, de musique et d'allés-retours au cimetière. Deux ans qu'elle attendait que son père refasse apparition. Deux ans d'aménagement pour que la maison ressemble à quelque chose. Elle dont les souvenirs étaient brûlés. La partie ouest de la maison avait été brûlée. La moins importante oui. Mais cette partie contenait énormément de souvenirs. Leah avait espéré que les souvenirs, que la bibliothèque, que le piano ne faisaient pas partie des choses disparues et en miettes de la maison. Espéré et réel. Rien n'avait été touché de ce côté. À cet instant, c'était le dernier vrai sourire qu'elle fit sans efforts pendant deux ans.
    Elle se décrocha un peu du corps de Killian, ne savant plus quoi faire à présent. Partir. Elle avait dit ce qu'elle avait à dire. Elle avait voulu s'excuser depuis le dernier message qu'il lui avait envoyé. Un samedi soir, à une heure du matin. C'était la même heure et le même jour de semaine que leur rencontre. Elle l'avait toujours dans sa boite de réception. Le seul message qui était rester un peu moins de deux longues années.
    "Tu me manques, je ne connais pas les raisons des vents que tu me fous.
    C'est le dernier message que je t'envoie. Je t'aime petite sœur, je ne t'oublie pas."

    Il ne lui avait jamais dis 'Je t'aime.'.
    Ce jour-là les larmes avaient coulées, plus que d'habitude. Famille perdue, décomposée. Meilleur ami perdu, et ça c'était de sa faute. La seule chose en deux ans, qu'elle avait perdu à cause de sa propre personne. Elle n'en pouvait rien pour la mort de sa mère, la disparition de son père, la vie. Sa sœur s'était éloignée pour aller vivre autre part. Elle était seule dans cette maison si vide mais si forte en souvenirs. Et deux ans après, elle avait décidé de revivre, et d'essayer de croire une nouvelle fois à la vie, à l'amour, au bonheur. Mais elle ne savait pas que Killian allait refaire surface. Elle ne le voulait pas. Elle avait trop honte.
    Elle sentit que Killian la lâcha peu à peu pour se retrouver réellement face à face. Il plongea ses yeux dans les siens. Elle baissa la tête. Qu'il ne repose pas cette question. Enfin cette questions... Deux mots. Les pires de sa vie, les pires souvenirs, les pires angoisses, les pires malheurs qui se résumaient en deux mots. Deux ans.
    Elle entendu le jeune homme soufflé quelques mots, comme si ces quelques mots lui arrachaient le cœur, la poitrine.
    « Deux ans… Pourquoi ? »
    Elle se figea sur place. Laissant son regard regarder les pavés de la ville. Sa main gauche était toujours dans celle de Killian certes. Elle se releva tout en essuyant de son autre main discrètement les larmes. Elle le regarda dans les yeux.
    Il était beau, ses yeux en disaient énormément. Il n'avait que de la haine dans les yeux avec un léger mélange de tristesse. Elle ne décrypta même pas ce qu'il pensait.
    Il était beau, ses yeux étaient d'une couleur peut-être banale, mais ceux-ci donnaient toute suite confiance.
    Il ne décrocha pas Leah des yeux.
    Elle avait encore envie de pleurer. Elle se retint. C'était difficile. Mais elle savait le faire. Combien de fois avait-elle eu envie de pleurer, mais qu'elle ne pouvait pas ? Énormément. Toutes les fois où elle essayait des trouver des petits boulots, toutes les fois où elle parlait à quelqu'un. C'était difficile, une couleur, une phrase, un mot, un geste rappelait quelqu'un de sa famille, un souvenir. C'était arrachant, mais le temps a effacé cette souffrance, ou pratiquement. Décider de revivre ici. Son nouveau combat.
    Elle bafouilla.
    Certes, à cet instant elle voulait partir, se retourner et continuer sa nouvelle vie. Mais non, son corps resta en face de celui de la personne qui comptait le plus pour elle, à part sa famille. Et encore.
    « La mort, la disparition, la honte, la souffrance. »
    Quatre mots, qu'elle avait prononcé d'un ton sec. Quatre mots qui lui avait arrachés le cœur et les poumons. Les larmes aux yeux, elle l'observa encore, se plongeant toujours dans ses yeux. Respirer, la seule chose qu'elle essayait encore de toute force à l'instant.

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Mer 29 Juin - 13:33

    Enlever mon regard de son doux visage m’était impossible. Une petite poupée de porcelaine, si fragile, voilà ce qu’est Leah. Derrière sa pâle peau se cache un cœur très certainement brisé, et derrière ses larmes se cachent des souvenirs horribles. Et le pire est qu’en ce moment, je ne sais quoi faire, quoi dire. Elle ne m’a jamais semblé triste, elle qui avait toujours ce beau sourire aux lèvres, elle qui passait son temps à me parler. Et là, je la vois, brisée, au bord de l’effondrement. Même si la haine m’habite en cet instant, je dois avouer que de la voir ainsi m’attriste et me rend coupable. Coupable d’avoir essayé de l’oublier comme j’oublie mon passé. Effacer Leah de ma vie est finalement impossible.
    J’ai longtemps songé à écrire un livre sur l’oubli. Parler des expériences passées, développer un argument là-dessus. Mais c’est en écrivant une ébauche que j’ai rapidement comprit que je ne pouvais pas le faire, l’oubli entraînant le souvenir et bien souvent la tristesse. L’écriture aurait été bâclée, ma faiblesse aurait prit le dessus, et je n’aurai pas eu le courage, une fois de plus, d’affronter la vérité en face. Jamais je ne pourrais oublier, jamais je ne pourrais cesser de me souvenirs du passé. Vivre une nouvelle vie, même loin de votre contrée natale est impossible. Il y a toujours un petit je-ne-sais-quoi qui vient vous voir et faire ressurgir ce que vous avez essayé d’enfouir au plus profond de vous-même. Mais passons. Le simple fait de réfléchir à cela me donne envie de partir en courant.
    Sa froide dans la mienne n’est pas sans me rappeler, une fois de plus, des journées que nous passions ensemble. Toujours tout les deux, dans les rues, ou à écumer les bibliothèques en cherchant un livre exceptionnel que nous pourrions lire tout les deux. Sourires et rires échangés, pas une larme, bien que certains jours n’étaient pas tout roses toujours quelque chose pour nous rendre heureux. Comme un couple, mais simplement d’amis dans notre cas. Etrangement, je n’ai jamais ressenti un quelconque sentiment amoureux envers Leah. C’était ma petite sœur, ma nouvelle petite sœur, celle à qui je me confiais, celle à qui elle se confiait. A-t’elle ressenti quelque chose à mon égard ? J’en doute. Et je n’en sais rien. Il y a des vérités plus faciles à cacher que les mensonges.
    Elle me regarda, ses yeux brillaient, cherchant à retenir les larmes qui devaient couler. Ma haine s’échappe, je me rends compte que je suis surtout plus inquiet qu’autre chose. Elle prononça quatre mots qui me rendirent encore plus inquiet. Mort, disparition ? Qui ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé ? Et pourquoi la honte ? Je commence à douter… M’aurait-elle caché quelque chose qui aurait pu briser notre amitié ? Ne pas le dire n’a fait que pire. La souffrance, dernier mot, je l’avais devinée. Cela se voit dans ses yeux, dans sa voix tremblante. Attrapant son autre main alors qu’elle s’essuyait lentement les yeux, je ne pu qu’essayer de comprendre. J’étais là. J’étais là pour toi. ». Je repris ma respiration. Je n’arrive pas à prononcer plus de six mots, le dernier souffle de haine étant encore présent dans mon corps. « J’aurais pu… t’aider, te soutenir…Leah… ». Je parle comme un héros de film. N’est-ce pas étrange ?
    Je ne veux pas décrocher mon regard du sien. Je ne veux plus perdre la lumière que j’ai vue pendant tellement de temps dans ses yeux. Cette lueur, cet éclat même qui me rendait heureux.
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Mer 29 Juin - 14:13

J'aime bien les scènes de film qu'on fait, surtout moi.


    Leah n'attendait pas de réponse. Elle aurait préféré qu'il parte, à l'instant. Elle n'assumait pas la vérité, la réalité. Elle l'observait encore et encore. Les yeux dans les yeux. Elle ne pouvait pas se rendre à l'évidence qu'elle avait été bête de le laisser dans le vent, dans le doute. Elle ne pouvait pas se rendre à l'évidence que en quelques minutes, ses sentiments avaient refait surface, en plus du manque qu'elle avait éprouvé pendant ses années. Il lui avait tellement manqué. Les week-ends à critiquer des films, des auteurs, des livres. Les soirs au café d'en face. Que leur amitié, si forte, si belle lui avait manqué et que même après deux ans, elle était toujours intacte.
    Il lui prit l'autre main. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Elle resta immobile, toujours ses yeux plongés dans ceux de Killian.
    Le regret envahissait sa tête. Il lui avait manqué. Leah l'aimait toujours. Un peu. Et elle se posa plusieurs questions, qui l'embrouilla. Comment avait-elle se passer de sa présence ? Comment avait-elle pu oublier les moments magiques qu'elle passait avec lui ? Comment avait-elle pu ne plus passer ses soirées avec lui, son grand frère ? Elle se le demandait. Elle ne savait plus, Leah ne savait pas comment elle avait survécu, sans lui. Plongée dans ses yeux et dans ses pensés, elle entendit Killian parler, quelques mots que tout le monde lui disait depuis deux ans. Sauf que ces mots, ces phrases sortirent de la bouche de Killian avaient l'air sincères. Avaient l'air. Ils l'étaient, elle le savait.
    « J’étais là. J’étais là pour toi. »
    Leah bafouilla encore une fois, les larmes s’estompaient. Elle ne savait pas quoi dire. Elle voulait baisser ses yeux, mais elle ne pouvait pas. C'était impossible, elle s'était plongée dans ses yeux, et elle ne s'en lassait pas. Il lui avait manqué.
    Elle savait qu'avec lui, elle était en sécurité. Elle savait que maintenant, elle avait retrouvé un morceau d'elle, un bout d'elle. Celui qui lui manquait, pour qu'elle aille bien.
    Pourquoi s'était-elle passée de lui pendant ces longues années, ces deux années ? Elle aurait plus forte avec lui, sur le même chemin.
    Il continua sa phrase, à bout de souffle. Elle le sentait.
    « J’aurais pu… t’aider, te soutenir…Leah… »
    Qu'est-ce qui lui prenait de la regarder ainsi, elle ne comprenait pourquoi il n'était pas encore parti. Pourquoi il la regardait encore en face. Leah ne savait pas quoi répondre. Son cœur battait encore vite. Elle ne savait pas pourquoi.
    « Je le sais Killian, je sais que j'aurais pu compter sur toi. »
    Et elle baissa les yeux, lâchant les mains de Killian. Elle avait repris contrôle de son corps. Et elle pleura. Elle avait essayer de retenir ses larmes, elle croyait que c'était passer. Elle avait honte de l'avoir laisser. Elle ne savait même pas si elle devait remonter ses souvenirs, ce qui s'est passé deux ans avant, un jour où la pluie était au rendez-vous. Ou le bonheur avait pris fin pour elle.
    Toujours la tête baissée, elle murmura quelques mots.
    « Je ne comprends pas pourquoi tu es là... Pourquoi tu me... »
    Ses mots se firent moins entendre, elle ne voulait pas qu'il la quitte. Leah ne voulait pas qu'il fasse comme elle. Même si, il avait tous les droits de le faire. Pourquoi pouvait-elle le faire et pas lui ? Elle releva la tête. Et continua.
    « Pourquoi tu me regardes encore, pourquoi tu n'es.. Tu ne t'es pas encore en aller... Pourquoi tu ne m'as pas rejeter. »
    Elle releva la tête, le regarda encore une fois et se retourna. Elle ne voulait pas de sa réponse, elle ne voulait rien savoir. Pourquoi se retournait-elle ? Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait trop honte de l'avoir laisser. Elle le voulait, elle voulait revenir en arrière. Refaire les mêmes choses, entendre à nouveau leurs rires s’entre-lasser dans l'air et leur imagination se percuter encore, pour rire. Mais la honte l'envahissait, elle se disait que refaire sa vie, seule, à nouveau lui ferait plus de bien. Elle se retourna. Le marque-page s'échappa de sa poche. Elle vit quelque chose s'envoler, se retourna brusquement et rattrapa ce souvenir. Elle remercia Dieu, sans y croire de l'avoir aider à la rattraper. Sur son élan, elle chuta, aux pieds de Killian.
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Mer 29 Juin - 15:16

    « Je le sais Killian, je sais que j’aurai pu compter sur toi. ».
    Tremblements inattendus. Me yeux brillent probablement autant que les siens. L’entendre prononcer mon prénom m’a fait me souvenir de tout et de rien à la fois. Rose, ma sœur, m’appelant dès qu’elle avait un problème et elle, Leah, m’appelant dès qu’elle avait quelque chose à me dire ou simplement pour me sourire. Mais aussi des messages, des appels que j’ai attendu pendant tellement de temps. Tellement de journée, nuit, à ne pas fermer les yeux pour ne pas louper son appel, ou pour la voir arriver et tout simplement me dire « Désolé » et me faire un de ses sourires auxquels je ne sais résister. Je me demande si encore j’y résisterai… Mais va-t-elle sourire ? J’en doute.
    J’eu cette irrésistible envie de la prendre dans mes bras alors qu’au même moment, elle me lâcha soudainement les mains. Pourquoi ? Aurais-je fais une erreur ? Ses pleurs reprennent de plus belle. Je me sens gêné et faible, dans ce genre de situation. De plus, certains passants nous regardent lorsqu’ils nous frôlent, et me fixent d’un air violent. Qui va encore passer pour le méchant ? Un souffle s’échappe alors de ma bouche, sans réellement que je le veuille. J’espère au moins qu’elle ne pense pas que je me lasse de nos retrouvailles. Ce souffle représente simplement mon comportement inutile, le fait que je ne puisse rien faire d’autre que lui poser des questions qui semblent lui déchirer le cœur plus qu’autre chose. Mais au moins elle comprend. Elle comprend que moi aussi, j’ai souffert. Que je n’ai pas réellement réussi à guérir la plaie de notre séparation soudaine. J’ai perdu deux sœurs dans un espace de temps réduit. J’ai perdu deux vies, bien que l’une soit toujours de ce monde. Je me suis senti vide pendant tellement de temps que je ne sais même pas si aujourd’hui, ce que je ressens est la réalité ou les mensonges dont je me persuade l’existence. En suis-je devenu fou ? Ces sentiments ne sont plus que des rêves, je suppose. Des sensations que je ne pourrais plus ressentir. Je n’ai jamais réussi à réellement me lier d’amitié après que Leah m’ait laissé. Je suis devenu ce genre d’homme que les gens entourés d’amis regardent de haut car ils comprennent que je suis seul. Bien que respecté dans mon travail et pour mes écrits, on voit facilement sur mon visage que j’ai perdu toute notion des choses.
    Ses murmures m’intriguent. Il y a probablement tant de choses qu’elle veut me dire, qu’elle doit me dire. Mais je crains le fait qu’elle ne puisse me les dire un jour. Si elle savait tout ce que j’ai à lui dire aussi. Sur avant notre rencontre, et sur ces années perdues que j’ai passé sans elle, à me consacrer au travail, à dormir sur mon carrelage, et à jouer aux jeux vidéos. Je n’ai rien vécu de beau depuis qu’elle est partie. Et…après tout, elle ne sait pas réellement pourquoi je suis parti de New-York. Je me suis contenté de lui dire que je m’étais brouillé avec mes parents. Je suis un lâche, incapable de dire à la personne la plus importante à mes yeux que je… Je ne peux même pas me l’avouer à moi-même. Ou notre discussion serait uniquement des échanges de pleurs sans comprendre pourquoi nous pleurons.
    « Pourquoi tu ne m'as pas rejetée. ». Si elle savait… Obnubilé par cette envie de l’oublier, je n’ai pu que la rejeter de mon esprit. La rejeter physique n’est pas possible. Elle se retourne alors, et sans que je comprenne pourquoi, je la vois trébucher. Reflèxe, je la rattrape comme je peux, l’aidant à se remettre sur pied. « J’ai essayé. T’oublier, effacer. ». Baissant alors la tête avant de finalement la fixer à nouveau en essayant de sourire, je sentais que ma phrase que je venais à peine de lui dire n’allais pas lui plaire. « Mais… Impossible. ». Ma main posée sur mon cœur, je ne trouve rien de mieux à faire que sourire. « Tu es là. Ma petite sœur. ».
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Mer 29 Juin - 15:53

    Elle sentit les mains de Killian la relever, elle sourit d'un air discret. Pourquoi s'était-elle retournée sincèrement ? Elle voulait partir, mais tout à fait qu'elle se retourne pour le voir à nouveau. Elle sera dans sa main la photo jusqu'à la froisser. Ce qu'elle regretta. Elle avait un double de cette photo, encadré dans son salon, la seule photo de son salon. La seule qui restera à jamais. Elle releva la tête, et elle le voyait. Il essayait de sourire. Il n'y arriva point. Elle ne le décrocha pas du regard. Elle était toujours agenouillé par terre. Elle se releva petit à petit et entendit Killian qui regarda les piétons qui eux, nous observaient de plus belle. Elle détestait les gens qui dévisageaient d'autres personnes. Comme s'ils connaissaient tout de la personne qu'ils fixaient, ayant des critiques en tête, comme si la vie de cette personne, ils la connaissaient dans les moindres recoins. Ou encore ces personnes qui vous observent pendant de longues minutes, intéressés. Ce qui est excessivement énervant.
    « J’ai essayé. T’oublier, effacer. ».
    Il baissa la tête pour observer Leah. Elle même baissa les yeux après cette phrase. Il aurait du le faire. Elle lui a fait du mal, et ça se ressentait dans son regard, dans sa voix. Il tremblait légèrement. Elle se releva, et Killian continua sa phrase. Elle ne comprenait après deux mois sans nouvelles, il lui avait dit qu'il ne l'oublierait jamais. Déçue d'un côté après avoir entendu cette phrase. Mais elle se résigna à une seule phrase. Il avait raison. Totalement raison. Il aurait du avoir le courage d'oublier Leah, pour tout ce qu'elle lui a fait.
    « Mais… Impossible. ».
    Elle releva les yeux et l'observait. Elle lui tenait toujours les mains. Un sourire se dessina sur le visage de Killian, ainsi que sur le sien, un léger. Celui sur son visage était réel. Elle n'avait plus sourit depuis longtemps. C'était la première fois depuis extrêmement longtemps, depuis que le bonheur l'a laissé seule avec des souvenirs et un piano. Il glissa sa main de celle de Leah pour la mettre sur sa poitrine, il la mit correctement sur son cœur et murmura, sourire aux lèvres.
    « Tu es là. Ma petite sœur. ».
    Elle fonça d'un coup dans les bras de Killian. Sans y avoir réfléchis. Leah était heureuse. Elle avait retrouvé ce qu'elle attendait. Sa force. La force qui lui donne le courage d'avancer, de sourire, de rire... De vivre chaque seconde comme si c'était la dernière. Elle l'avait retrouver, peut-être pas entièrement mais assez pour continuer.
    Découvrir la ville, découvrir ce café. Elle ne savait pas que cette situation banale, de tous les jours allait lui faire décrocher un vrai sourire, allait lui faire retrouver le sourire, allait lui faire retrouver son grand-frère. Celui de toujours. Killian.
    C'était une des rare fois qu'elle entendait quelque chose comme ceci sortir de la bouche de Killian. Celui-ci n'était pas fort porté sur l'amour, sur les sentiments, sur ce qu'il ressentait. Il ne montrait jamais, ou pratiquement. Il n'avouait rien sur les paroles. Même si elle savait qu'il l'aimait réellement, comme une vraie sœur. Elle aurait voulu plus, mais sans y croire. Elle ne savait pas ce qu'elle préférait, une relation comme celle-ci ou un autre... Celle qu'elle aurait toujours voulu.
    Elle ne savait pas quoi répondre. Lui-même savait déjà tout des sentiments de Leah. Enfin pratiquement, rien d'amoureux ne s'était échappé de sa bouche ou de ses gestes. Il savait qu'elle le considérait comme la moitié de sa vie, son grand-frère, sa force. Et ça n'avait pas changer. La seule chose qu'elle trouva à fredonner, c'est les quelques paroles de leur chanson de leur rencontre. Elle ne se décrocha pas de ses bras, et lui chanta ces paroles à l'oreille en fermant les yeux.
    « Take me out tonight. Take me anywhere, I don't care. I don't care, I don't care. »
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Mer 29 Juin - 17:13

    Je l’ai. Enfin. Ce beau sourire dont je rêve sans le vouloir. Son visage s’éclaircit, et mon cœur s’emballe. Je retrouve la belle Leah, souriante, du passé. J’ai l’impression de revivre. Je n’avais pas montré mes sentiments ainsi depuis un moment. C’est difficile, certes, mais… je me sens mieux. Je me sens heureux, étrangement. Sentiment bien étrange que d’être heureux. Je pensais que m’étendre sur mon carrelage suffisait pour que je le sois, mais en vérité, c’est bien plus profond que ça. J’avais perdu cette sensation et je la retrouve par un simple sourire. N’est-ce point… étrange ?
    Blottie dans mes bras, je ne trouve rien de mieux à faire que de l’entourer et de la serrer contre moi. Sans les pleurs de tout à l’heure, ce moment prend un tout autre sens. Ma haine est totalement partie, cette fois-ci, et j’en suis bien sûr. Je me montre sentimental alors que je ne le suis pas. Mais bon… ce moment est différent de tout ce que j’ai pu vivre alors laisser s’échapper une bribe de joie n’est pas si mal, non ?
    J’ai l’impression de sentir son cœur battre contre mon torse. Est-elle aussi heureuse que moi bien que je ne l’extériorise pas vraiment ? Ou alors va-t-elle fondre en larmes à nouveau ? Je ne supporterai pas de voir une fois de plus ses pleurs, c’est une certitude. Cette journée que je pensais banale de par la répétition non-voulue de mes actes – c’est-à-dire conférence, café, et écriture – s’avère plus intéressante avec la tournure qu’elle a prise. Moi qui regrettais d’être venu ici… Quelle erreur ! J’aurai pu louper les retrouvailles avec la personne qui a réussi à faire rebattre mon cœur après le suicide de Rose. Et une fois de plus, je serais resté chez moi, à broger, à déchirer des feuilles de papiers en pagaille, et à écrire. En parlant de ça, Leah sera bien déçue de voir que ma vie est devenue un simple ramassis d’ordures, dont parmi elles la tristesse, la folie, et… le travail. Quoique, le travail n’est pas vraiment un déchet. Simplement ce qui me tient debout. Voir des personnes m’applaudir, écouter ce que je dis me donne l’impression d’être moins inutile que je ne le pensais ces derniers temps. Mon cœur dit autrement, maintenant.
    « Take me out tonight. Take me anywhere, I don't care. I don't care, I don't care. »… Un léger rire s’échappe. Cette chanson, je ne l’ai jamais réécoutée depuis ce jour là. Depuis ce jour où j’ai envoyé mon dernier message. Mais je ne le regrette pas, car l’entendre de la voix de Leah rend le moment encore plus intense. J’aurai pu continuer la chanson mais… mais intérieurement, il me manque quelque chose. Non, pas les paroles, mais… Ce n’est pas clair. Je veux dire, sa réponse. Que c’est-il réellement passé pour qu’elle me laisse comme ça, ainsi ? - Parlerais-je comme si elle était ma petite amie ? Oui… Dingue non ? -. Je la détache alors de moi. Vide. C’est dingue comme la sentir près de moi m’avait manqué. « On… va quelque part ? Pour parler ? Pour… rattraper le temps perdu ? ». Bien sûr Killian, tu crois vraiment qu’elle va dire oui juste parce que c’est toi ? Et voilà que je me parle une fois de plus à moi-même. J’espère qu’au moins, elle ne le remarquera pas… Ou elle aussi va me trouver fou.
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Mer 29 Juin - 18:01

Tu m'as donné l'envie d'écrire en 'Je'.

    Son rire.
    L'espace d'un instant, j'ai cru revivre.
    Son rire, si particulier, mais si attachant à la fois. Me fit sourire aussi et m'entraîna à laisser le mien s'en aller. Je riais, pour rien. Mais ça me fit un bien fou. Mon cœur bascula. Comme s'il était en fête. J'étais toujours dans ses bras. Et j'étais heureuse. Il se rappelait de notre chanson. Même après deux longues années. Je ne savais pas s'il avait déjà ré-écouter pendant cette séparation. Moi si, et à chaque mot de cette chanson, un souvenir de nous deux apparu dans ma tête. Ça me faisait pleurer, j'avais cru gâcher une amitié. La meilleure amitié de ma vie, ce garçon qui était le grand-frère que je n'avais jamais eu. J'étais bien, bien, tellement bien à cet instant. Et cette sensation ne m'était plus arrivée depuis la séparation de ma famille. Je sentis son parfum, encore une fois et un autre sourire se dessina sur mon visage. Son parfum était le même, toujours aussi réconfortant.
    Cette chanson était désormais dans ma tête. Il ne continua pas la chanson, comme je l'aurais cru. Il me murmura au creux de l'oreille.
    « On… va quelque part ? Pour parler ? Pour… rattraper le temps perdu ? »
    Je me retirais de ses bras, tenant la main gauche de Killian dans la mienne.. À l'instant, une fine pluie glissa sur mes cheveux. J'éclata de rire.
    « Je chante tellement mal... »
    Je me rappelais la fois où dans un parc, nous étions montés sur un banc pour chanter une chanson populaire de l'époque. On s'étaient certes tapés la gêne, mais c'était des moments comme ça qui m'amusais énormément. Lui aussi, sûrement. On partageait tout, pratiquement.
    Je me rendis compte que je tenais depuis quelques minutes la main de Killian, je retirais la mienne assez vite, rougissant discrètement. Et merde. J'étais encore amoureuse, et je ne voulais pas l'accepter. Il ne le saura jamais. Il ne l'a jamais su. Je baissais les yeux, puis les relevais. La pluie commença à être plus forte. Je le repris par la main et couru jusqu'à arriver à un coin sec.
    « On peut aller chez moi.. C'est à deux rues d'ici... Puis bon, c'est le bordel, mais voilà. Je viens d'emménager ici, dans ce coin, les cartons traînent... »
    C'était mon défaut, quand je suis heureuse, contente ou motivée. Je parle trop et bafouille un peu, le sourire aux lèvres. Je le regardais encore, sourire aux lèvres.
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Mer 29 Juin - 20:12

    Une fine pluie commença à s’abattre sur nous. J’aime la pluie. Elle me permet de pleurer sans qu’on me voie pleurer. N’est-ce point idiot ? Je ne pleurs jamais. J’y pense simplement, si un jour j’en ai besoin. Ou peut-être que certaines fois, je pleure sans réellement m’en rendre compte. Un oubli de sentiments. Les pleurs, personnels j’entends par là, je ne sais plus ce que c’est. Et ces gouttes de pluie, s’abatant sur mes fenêtres, sur le toit des maisons, sur le sol font un bruit délicat que je prends plaisir à écouter. Une sorte de musique, je m’imagine des mélodies, des concerts de milliers de gouttes chacune produisant un son différent, dans une tonalité différente. Un autre moyen de m’éclipser de la réalité, une échappatoire. Echappatoire qui me plait.
    Leah rit alors, ayant chanté, et la pluie tombant. Son rire, lui aussi, m’avait manqué. Le sien et le mien se faisaient largement remarquer dans les lieux publics, lui ou moi murmurant des blagues plus qu’idiotes et nous faisant nous esclaffer. Et rapidement, son rire me permit d’esquisser un sourire. La lueur ancienne de ses yeux revenait peu à peu. Son timbre de voix lui aussi revenait peu à peu. J’ai comme cette impression, en l’écoutant, de la rencontrer à nouveau. De lui reparler comme nous avions parlé le jour de notre rencontre, à parler de choses futiles mais qui nous semblaient tellement intéressantes. Reprendre tout depuis le début pourrait être une bonne idée. Je pourrais lui tendre ma main, me présenter à nouveau. Mais de cette façon, je ne pourrais pas avoir la réponse à ma question, c’est-à-dire à ce qu’il c’est passé exactement. Sa réponse est bien trop vague…
    Sa main glissa de la mienne avant qu’elle la reprenne aussitôt pour m’emmener dans un endroit où nous étions à l’abri. Etrange, ne se souvient-elle pas que j’aime cette pluie ? Enfin, ce n’est pas le moment d’être égoïste… Elle doit certainement détester cela. À vrai dire, je ne m’en souviens plus. Certains souvenirs ont quant à eux définitivement disparus. Ce ne sont pas les plus important. Heureusement pour moi – du moins, je crois ? – .
    J’adore la façon dont elle bafouille. Elle est heureuse, et ça se voit. N’est-ce pas splendide ? Alors qu’elle pleurait, je la fais sourire, et alors que j’étais ampli de haine, elle réussi à m’apaiser. « On peut aller chez moi.. C'est à deux rues d'ici... Puis bon, c'est le bordel, mais voilà. Je viens d'emménager ici, dans ce coin, les cartons traînent... ». Elle avait donc emménagé ? Non loin de chez moi alors… Une raison de plus pour la voir plus souvent. Je ne compte pas la laisser filer cette fois-ci, peu importe ce qu’il se passe. Et si jamais tout recommençait à nouveau… Je crois que je ne tiendrais. Je ferais de mon mieux pour la chercher. Et j’y arriverai. « Besoin d’aide pour le rangement ? ». Question débile. Bravo Killian. Je ris alors. Pourquoi rire ? Sérieusement, si, je me devais de rire. Je n’ai jamais su ranger quoique ce soit. Ma propre maison est encore plus en désordre qu’une déchetterie, c’est dire ! J’enlevai alors ma main de la sienne. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Envie soudaine. « Deux pas d’ici hein ? J’habite pas loin non plus. » Cool. Et je dis quoi maintenant ?




On se fait un autre RP chez ton perso ?
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Mer 29 Juin - 21:09

    Il n'avait pas remarqué que j'avais rougis. J'étais soulagée de le savoir.
    La pluie, l'un des temps le plus beau, surtout pendant l'été, quand le vent souffle et que l'air est chaud. J'aime rester sous la pluie et réfléchir, écouter de la musique ou même me libérer. Pendant ces deux dernières années, j'aimais pleurer sous la pluie, je me libérais et revenait trempée à la maison, ma grand-mère me tuait à chaque fois, elle me couvrait, me faisait un chocolat chaud, et préparait des médicaments. Mais je ne l'étais jamais.
    J'aimais la pluie. Mais je pense, que lui c'était le contraire. Même si dans mes souvenirs, on s'amusait énormément sous la pluie. La fois où j'avais glissé et où mes vêtements blancs n'étaient plus que bruns, vu que la terre s'était transformée en boue à cause de la pluie qui était tombée, et qui tombait toujours.
    La boue, qu'est-ce que je détestais ça. Ma mère me l'a fait détesté. Elle m'avait raconté une histoire sur ça, elle me criait dessus en finissant par éclater de rire quand elle m'avait vu couverte de boue, un jour où il n'y avait que eu des averses. Elle m'avait fait par après, un gâteau à la framboise, comme d'habitude. Elle se débrouillait toujours pour trouver des framboises, même les plus chères. Et je me souviens de l'odeur de la pâte qui cuit doucement, des framboises que je piquais discrètement dans le bol. Tout ça me manque.
    Je souris à nouveau à Killian, main dans la main, le regardant dans les yeux. Il me lança.
    « Besoin d’aide pour le rangement ? »
    J'éclata de rire, je ne lui fis pas de remarque. La seule fois qu'il a voulu m'aider à ranger, il avait casser le miroir de ma chambre. Sept ans de malheur. Je lui répétais à chaque fois qu'il ratait quelque chose, qu'il trébuchait. Je lui disais aussi, que son plus grand malheur, c'était moi. Je lui souris encore une fois. Ne répondant pas à la question. Je tournais ma tête, observant les piétons, certains riaient sous la pluie, d'autres couraient pour n'être touché qu'un peu par les gouttes et d'autres qui se protégeaient avec leurs sacs ou leurs journaux. Il me lâcha la main, j'étais étonnée. Pourquoi ? Je me sens en sécurité quand il me tient la main, quand il me sert dans ses bras. Il enchaîna.
    « Deux pas d’ici hein ? J’habite pas loin non plus. »
    Je me retournais une nouvelle fois, face à lui. J'aimais regarder les gens, les inconnus et essayer de décrypter leurs pensés grâce à leurs gestes. J'inventais leur vie avec le peu d'indices que j'avais. S'ils se rongeaient les ongles, j'imaginais qu'ils avaient vécus quelque chose de difficile. Et les situations défilaient dans ma tête. C'était la seule façon de m'évader et de penser à autre chose. Je lui souris et lui répondis :
    « Pour le rangement, on va éviter... ! »
    Elle lui fit un clin d'œil et continua...
    « Je préfère qu'on aille chez moi... Même si les cartons sont nombreux, je pense avoir oublier de fermer plusieurs fenêtres, si le temps se gatte, je suis très mal. »
    Je fis signe de la main à Killian pour qu'il rejoigne mes pas. Pendant cette courte marche, je l'observais discrètement. Aucunes conversations. Et j'en profitais. Dans ma tête, je me reposais en questions... Je savais que mes sentiments amoureux ne s'étaient pas perdus. J'étais éperdument amoureuse de lui, mais je devais le cacher, comme la dernière année où je l'ai réalisé. Bref, je vais le cacher. Je crois qu'il est toujours insensible dans ce genre de sentiments. Il n'est jamais tombé amoureux, dans ce que j'ai pu comprendre. Alors pourquoi devrait-il sincèrement tomber amoureux de moi ? Je me pose la question, ça serait un coup de chance qu'il aie des sentiments de moi. Et vu que la chance n'existe pas et que tout arrive pour nous faire comprendre des choses, la vie parait-il, ce n'est pas gagné. Je soufflais un peu, la pluie se calmais, j'étais légèrement trempée. Mais ça allait.
    Arrivé au pied de l'immeuble, je lui souris. L'ascenseur était en panne, plus de courant dans ce foutu immeuble. Je lui fis un clin d'œil et commençais à courir dans les escaliers. Je devrais courir plus souvent, c'est une sorte de libération de courir et ne plus rien sentir, ni ses poumons, juste son cœur et la vitesse qu'il n'a jamais atteint. Cette vitesse qu'il n'a atteint qu'en courant, qu'en sachant ce qu'il c'était arrivé en janvier 2009 et quand Killian me sert dans ses bras, de toutes ses forces. Il me suivit aussi. Rire. En une vingtaine de minutes, j'avais plus ri que j'avais ri en deux ans. Je mis les clefs dans la serrure et lança.
    « Welkom.... Bienvenue ! »
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Mer 29 Juin - 22:25

    Ces petits clins d’œil me firent sourire. Elle a toujours eu pour habitude d’en faire, je ne sais pourquoi. Mais ça me plait. Et quand j’y réfléchis, tout me plait chez elle. Sa façon de penser, de me sourire, de rire. Ses cheveux, son physique en général. Mais étrangement, je n’ai jamais eu la sensation d’être amoureux ou quoique ce soit. C’est juste… ma petite sœur. Ma nouvelle Rose. Je suppose que dans son cas, je suis juste une espèce de type qui se conduit comme son grand frère et qu’elle apprécie. Mais pas de quoi en être amoureux. Et puis, qui voudrait de moi ? Comment peut-on tomber amoureux d’une personne obsédée par le travail, les crevettes, et qui écoute de la musique aussi bruyante que la mienne ? Et qui, en plus, écrit des livres tordus, ne l’oublions pas. Je suppose que les gens qui croient s’intéresser à moi à cause de mon physique doivent vite laisser tomber en me parlant. Non ? Passons.
    La conversation jusqu’à chez elle… et bien n’eut pas lieue. Rien, pas un bruit. Elle me regardait juste de temps en temps, ce qui suffisait pour me rassurer. À quoi pouvait-elle bien penser ? Au désordre de son appartement ? Au désordre que j’allais probablement mettre même si je ne touche à rien ? Ou à ce pourquoi j’étais si plein de haine tout à l’heure alors que je l’ai pardonnée en un espace de vingt minutes ? D’ailleurs, je me demande toujours comment j’ai fait. Mais là n’est pas la question. Les mains dans les poches, je l’ai suivi, sans décrocher le moindre mot, ni même un sourire, je crois. Pensif, voilà ce que j’étais. Tout comme elle, certes, sauf que… Je ne suis pas discret, lorsque je réfléchis.
    Son immeuble me rappelait le genre de petits immeubles que l’on trouve parfois, à New-York. J’avais un ami qui habitait là-bas. Duncan… ou Alexander. Peu importe son nom, j’ai oublié cette partie de ma vie. Nous primes les escaliers, bien que je déteste le sport – et ça, Leah doit probablement s’en souvenir – et arrivâmes devant chez elle. Pleine d’entrain, de joie et bonne humeur, elle me lança un « Bienvenue », qui me fit sourire, une fois de plus. Un autre élément qui me marque en elle. Toujours aussi chaleureuse. Et non sans me plaire. J’entrai alors en la suivant, gêné, comme si j’entrais dans la maison d’une personne que je venais de rencontrer. Et à vrai dire, j’avais l’étrange sensation d’être dans l’inconnu, de pénétrer dans un château magique et que la princesse allait m’accueillir. Mais la princesse m’avait déjà accueillie. N’est-ce point magnifique ?
    Je pris mon pied dans un carton, heureusement pour moi, vide. Je suis définitivement maladroit. Je n’aurai pas eu l’air malin si j’avais, encore une fois, cassé quelque chose. Je me demande le nombre d’objets que j’ai cassé et qui lui appartenait ! Ne comptons pas, j’en aurais pour la journée. Les lieux semblaient vides, personne bien entendu, mais aussi vide de tout objets. Certains étaient parsemés dans les lieux et quelques cartons étaient ouverts alors que rien n’en était sorti. Je ne pu m’empêcher de rire en voyant quelques livres traîner. Je me retournais alors vers elle avant de me concentrer à nouveau sur les lieux. Les murs, eux aussi, étaient bien vide. Pas de photo, de poster, de tableau. Seule la peinture recouvrait les murs. « Alors c’est ton petit antre secret ? ». Pour moi, un appartement, aussi bien qu’une maison bien entendu, est un endroit où l’on peut se relaxer sans être gêné. Il m’arrive de ne pas ouvrir la porte ou de couper le téléphone. Et bien entendu, de faire ce que j’ai envie, bien que rester chez moi ne fais que me raviver de mauvais souvenirs. « Et pas de déco ? Poster, photo ? Même pas un tableau géant de moi où on peut lire « Killian Le Grand » ? ». Humour de merde, j’en suis conscient. Mais je me fais rire tout seul, c’est un bon début, bien que d’un point de vu médical, c’est un bon début de folie. Mon psy me l’a dit. Mais je m’en fiche. Bref passons. Je ne sais que dire que faire. Je me sens comme un enfant dans un magasin de bonbons, maintenant. Je touche avec les yeux, même s j’ai une irrésistible envie de tout toucher, attraper, découvrir.
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Mer 29 Juin - 23:01

    Je lui souriais, le laissant entrer le premier. Comme d'habitude, il trébucha pratiquement. Il était toujours aussi maladroit, ce qui me fit sourire. C'était un côté que j'adore chez lui... comme tout ce qui le compose. Sa voix, son rire, son visage, ses passions, ses goûts. Tout chez lui me plaisait, je connaissais tout de lui, sauf peut-être son passé. Il ne m'a jamais parlé de son passé, de sa famille. Et je ne voulais pas entamer le sujet. S'il voulait en parler, il l'aurait fait. Je pense. Je ne fis pas de remarque sur le carton qu'il s'était pris. Je continuais à sourire bêtement.
    Il m'avait manqué.
    « Alors c’est ton petit antre secret ? »
    Je ne répondis pas et je le regardais, il observait cet appartement vide de personnalité. Rien n'était accroché au mur, à part une seule photo dans un coin du salon. Les cartons décoraient la pièce certes. Le désordre était là, les cartons étaient soit fermés correctement ou à moitié déballés, les seuls vides étaient ceux qui contenaient les tendres livres que j'aimais par dessus tout. Il s'arrêta. Je refermais la porte d'entrée, déposa mon manteau, trempé. Et sortis le livre de ma poche et la photo légèrement froissée pour les déposer sur une caisse qui me servait de petite table. Il se retourna vers elle et lui dit.
    « Et pas de déco ? Poster, photo ? Même pas un tableau géant de moi où on peut lire « Killian Le Grand » ? »
    J'éclata à nouveau de rire. Killian avait le don de se venter pour rire. C'était marrant. Le jour de mon anniversaire, il avait fait un espèce de collage avec sa tête sur le corps d'un gars musclé. Que j'ai toujours je pense.
    Je regardais Killian et lui lança.
    « Ma chambre est remplie de photos. Ici, il n'y a qu'une photo, à côté de la télévision et puis, je n'ai rangé que la bibliothèque. »
    Je m'abaissais et fouillais dans un des cartons. Killian se dirigea vers la télévision pour observer la photo. Je souris, d'un air gêné, sans qu'il ne le voit.
    De la caisse, je sortis un vieux tee-shirt, trop grand pour moi. C'était un tee-shirt simple avec une photo devant. C'était nous. Killian et moi. Pour fêter notre amitié, on s'était amusé à faire deux tee-shirts avec écrit 'Nous sommes les meilleurs.' Killian avait galérer pour les tailles et avec son air doué, avait pris une taille au dessus pour moi. Je rentrais dedans, mais flottais totalement. Je le lui lançais.
    « Tu es trempé. Va te changer. Contente-toi d'un tee-shirt. Notre tee-shirt. On fera sécher tes vêtements sur le radiateur. »
    Je lui montrais la salle de main avec un petit signe de la main.
    « La deuxième porte. Fais comme chez toi. »
    Je lui souris. Il m'avait mais tellement manqué. Vraiment.
    Je me dirigea vers ma chambre pour me changer de même. Et resortais plus vite que lui. Je déballa les cookies que j'avais soigneusement emballé. Le frigo était à peine vide. Quelques bières, du laid et dans le congélateur, une pizza familial trônait. Pourquoi une aussi énorme pizza ? Je sais que j'étais déprimée mais pas à ce point. Je cherchais sans espoir les paquets de chip's que j'avais acheté le jour de mon arrivée. Ses préférés. Mes préférés. Qu'est-ce que Killian avait fait pour ses chip's, il avait le mendiant car il lui manquait que quelques pièces, quelques cents pour un paquet. Je m'étais presque étalée par terre en train de rire, un fou-rire sans fin auquel il m'accompagnait. Pour finir, il s'était bien acheté son paquet, qu'il a dévoré en quelques minutes. Il ne m'en avait même pas passé.
    Je vis un sac et sauta dessus, les paquets y étaient avec de l'alcool, de la vodka et du wiskhy. Je soupire. Au pire, si on veut déconner ce soir, il y en aura assez pour se bourrer la gueule. Non, je ne repenserai plus à ce bordel qu'à été ces deux dernières années. Je vous jure. Killian ouvra la porte de la salle de bain, un sourire m'échappa.

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Jeu 30 Juin - 10:23

    Apparemment, mon humour débile la faisait toujours autant rire. C’est une bonne chose après tout, car habituellement, je ne fais rire personne d’autre que moi-même. Les gens à qui je fais des blagues, ce qui est rare avouons-le, me regardent de travers et partent rapidement. Je me suis d’ailleurs résolu à arrêter de plaisanter lors de mes conférences. Leah me précisa alors que la seule photo qu’elle avait, ou du moins qu’elle avait accrochée, se trouvait non loin de la télévision. Je m’y précipitais alors, curieux, et la regardais sans rien dire. Je l’effleurais alors, comme si s’était un de mes propres souvenirs, alors que non, loin de là. Une photo de famille, voilà pourquoi cela m’intriguait. Je n’ai pas de photo de famille, aucune. Elles sont toutes restées à New York, dans mon placard de chambre, comme si un jour j’allais y revenir et dire à mes parents « Salut, je reviens vivre ici. ». Je ne sais même pas s’ils sont encore vivants… C’est pour dire. J’aurai voulu sourire en contemplant la photo, mais j’en étais incapable. Je baissai juste les yeux pour effacer ce qui venait dans mon esprit à ce moment là. Je lui parlerais probablement de cette photo plus tard… Si je m’en souviens toujours. Enfin passons.
    J’entendis alors Leah me parler. Je me retournai donc et mes yeux se mirent à briller. Ce tee-shirt, je m’en souviens tellement. Nous l’avions fait, un jour quelconque de notre vie, quand je lui ai dit «Et si on faisait un tee-shirt avec nos têtes dessus ? ». Magique. Ce jour là était magique. La photo ne ressemble pas à grand-chose tellement nous sommes morte de rire dessus. « Ouah, tu l’as encore !». Je me suis précipité dessus, comme un enfant. « Le mien a… Le mien a rétréci au lavage, j’peux plus le porter. ». Je suis un menteur pitoyable. Vraiment pitoyable. Comment lui avouer que je l’ai déchiré deux jours après lui avoir envoyé ce fameux message ? Comment lui dire la vérité ? Je ne le ferai pas. Et une fois de plus, je me complais dans le mensonge. Mentir à soi-même est une chose, mentir aux autres en est une autre. Et bien que je déteste faire cela, c’est utile, certaines fois. Je baissais la tête une fois de plus, hésitant, puis suivit ses conseils et allais me changer dans la salle de bain.
    En entrant, je n’eu qu’une réaction, et je du me faire entendre dans tout l’immeuble. « DU CARRELAGE ! ». Réaction bien étrange que la mienne, je vous l’accorde. Un homme normal se serait changé, et ressorti non sans se recoiffer ou surveiller qu’il n’a rien dans les dents. Mais moi j’étudie le carrelage, heureux de voir que si un jour le mien vient à se casser, je pourrais dormir ici. Mais une fois de plus, je passerai pour un fou. Si Leah me pose la question sur la façon étrange que j’ai eu de m’exprimer en entrant dans sa salle de bain, je contenterais de répondre une chose idiote… ou de changer de sujet.
    Je sortis alors, non sans être gêné. En arrivant dans le salon, je regardais alors ma petite sœur d’une étrange façon, levant un sourcil. « Euh… t’as pas l’impression que ce tee-shirt est trop petit ? J’me sens gros, tout moulé comme ça… ». Etrangement, je ne ris pas… J’étais vraiment gêné. Je ne me suis pas retrouvé chez quelqu’un d’autre depuis des années. Je vins alors m’assoir à côté de Leah. « Et maintenant ? On dort ? On parle ? On mange ? ». Je voulais seulement parler avec elle. Mais elle ne répondra pas à toutes mes questions, j’en suis conscient.
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Jeu 30 Juin - 14:35

    « Le mien a… Le mien a rétréci au lavage, j’peux plus le porter. »
    Je l'entendis bafouiller. Il mentait. Je savais quand il mentait à vrai dire, je l'avais tellement observer, je connaissais ses gestes par cœur, ce qu'ils veulent dire, la façon dont il clignait les yeux. La psychologie m'avait toujours intéressé, mais j'avais peur de m'y perdre si j'en faisais des études. Je préférais rester dans mes bouquins, et observer les gens. La littérature me passionnait aussi et c'était de bonnes études, pas trop dures. Je ne voulais pas savoir ce qu'il en avait fait, perdu, brûler, jeter, déchirer. De toute manière, j'aurais compris s'il avait fait quelque chose du genre avec ce tee-shirt. Je lui avais fais du mal, en l'évitant, en le laissant dans le vent. Il avait tous les droits, et même de me faire souffrir à l'instant. Je fis mine de le croire en souriant. L'air de lui dire qu'il est bête.
    En se changeant j'entendis Killian lâché quelques mots. Je n'en avais même pas prêté attention.
    Après avoir fouiller pour trouver à manger, et avoir retrouver le sachet avec les chip's. Je le vis sortir de la salle de main, sourire aux lèvres. Le tee-shirt était trop petit pour lui, j'évitais de rire. Je ne voulais pas le vexer, même si, il était assez ridicule dans ce tee-shirt. J'avais cru que la taille au dessus allait lui aller. Enfin, il était toujours aussi mignon, même avec un tee-shirt trop petit pour lui. Il était gêné, ça se voyait.
    « Euh… t’as pas l’impression que ce tee-shirt est trop petit ? J’me sens gros, tout moulé comme ça… »
    Je n'ai pas pu m'empêcher de rire et cette phrase m'échappa.
    « T'es toujours aussi sexe même avec un tee-shirt un peu petit pour toi. Puis ça va, il est pas si petit que ça. Au pire tu peux traîner à poil. »
    Killian se mit à côté de moi. Je l'observais. On aurait dit une fille à se plaindre comme ça. Le tee-shirt n'était pas si petit que ça et en plus ça lui allait bien. J'avais la flemme de lui trouver quelque chose d'autre. Et puis au pire, je l'avais déjà vu en pire état que ça. La fois, où on avaient bu à crever à une fête en blanc. Et que au parc, on s'était amusé à courir pour sauter dans la fontaine. Le blanc, le froid et l'eau, ça n'allaient pas bien ensemble. Les conneries qu'on avaient pu faire ensemble.... De bons souvenirs, qui me fit sourire bêtement. Perdue dans mes pensés, je n'avais pas vu qu'il m'observait depuis quelques secondes. Je me retournais vers lui, il prononça ces quelques mots, sourire aux lèvres.
    « Et maintenant ? On dort ? On parle ? On mange ? »
    Je poussa sur mes mains pour me lever. Je commençais à imiter une serveuse et fouillais dans le peu de nourriture que j'avais. Je pris les paquets de chips en mains. Lui faisant un clin d'œil en montrant ses préférés. Je déposais tout cela sur les cartons qui me servaient de table de salon en plus de l'alcool. Puis pris les quelques canettes de bières avec deux verres et fis la même chose que pour les paquets de chips. Je me remis à côté de lui, l'observant, sourire aux lèvres. Il était beau.
    Des soirées comme ça qu'est-ce qu'on en avait fait. À grossir, à boire, à rire et à faire des conneries tout en regardant des films cultes ou même super vieux. Comment j'avais pu le laisser pendant deux ans ? Comment j'avais pu me passer de moments ainsi, avec lui ?
    « On peut boire à volonté pour rattraper ces deux années, grossir avec nos chips préférés et raconter notre vie. Non ? Puis aller dormir. Au pire, on fait une nuit blanche. »
    Une nuit blanche, je savais que je n'allais pas tenir comme à chaque fois. Je m'endormais rapidement après avoir bu. Killian à chaque fois me portait jusqu'à mon lit, pour qu'après je me réveille. À chaque fois, il dormait à côté de moi. Il avait toujours un léger sourire quand il dormait, ce qui me fait à chaque fois sourire aussi. J'aimais bien regarder les gens dormir. Entendre leur respiration était reposant. J'aimais bien regarder les gens dormir, surtout lui. Mais cette nuit, je voulais tout savoir de ces deux dernières années, ce qu'il avait fait, sans moi, si son livre était bientôt en ligne. Je voulais rire jusqu'à nos heures perdues, il m'avait manqué et le fait de l'avoir à côté de moi, était le plus beau cadeau qu'on ne m'avait fait, la plus belle chose que je n'avais eue en deux ans.
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Jeu 30 Juin - 20:50


    « T'es toujours aussi sexe même avec un tee-shirt un peu petit pour toi. Puis ça va, il est pas si petit que ça. Au pire tu peux traîner à poil. ». J’eu envie de rire, mais je suis resté silencieux. Me mettre nu était bien trop tentant. Mais en compagnie de Leah, trop dangereux. Certes, il nous est arrivé d’être dans des situations plus embarrassantes, mais pas au point de me déshabiller entièrement.
    Je l’observais alors qu’elle était plongée dans ses pensés. Elle est belle. Son visage, ses cheveux, ses yeux. Je me demande encore pourquoi elle n’a personne dans sa vie. Je ne l’ai jamais vue en compagnie d’un homme, ni d’une femme. Pas de petit ami. À moins qu’elle ne m’en ait pas parlé ? Nous passions notre temps ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout les deux. Je me serais aperçu de quelque chose. Ou alors, peut-être a-t-elle eu quelqu’un durant ses dernières années ? Possible. J’eu alors une soudaine envie de la prendre dans mes bras, mais que je ne fis pas. Il m’arrivait souvent, avant, de la prendre de mes bras sans raison, de ne plus la lâcher pendant une dizaine de minutes. Le fait de l’avoir prêt de moi, de sentir son cœur battre non loin de moi suffisait à me rendre heureux. Je ne comprends toujours pas comment j’ai voulu l’oublier, finalement.
    Elle se leva alors, et sortit quelque chose à manger. Je rêve ! Des chips, je n’en ai pas mangé depuis si longtemps ! Je me suis résolu à manger à peu près sainement ses dernières années, et là, mes efforts se sont envolés. Elle me tendit alors la nourriture et de quoi boire. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas mangé en compagnie de quelqu’un. Mêmes avec les autres professeurs, ou une conquête féminine. Je n’ai pas eu de conquêtes féminines de toute façon. Mais là n’est pas le sujet.
    « On peut boire à volonté pour rattraper ces deux années, grossir avec nos chips préférés et raconter notre vie. Non ? Puis aller dormir. Au pire, on fait une nuit blanche. ». « La nuit blanche me plait bien. ». Une fois de plus, je souris idiotement. J’aime sourire, bien que je ne le fasse pas souvent. Combien ai-je fait de sourire aujourd’hui ? Beaucoup. Certaines non sincères, durant ma conférence et en serrant la main à quelques personnes, et les autres quant à eux sont venus naturellement grâce à Leah. Et boire hein ? Je me demande depuis combien de temps je n'ai pas bu avec quelqu'un. Une fois de plus, me prendre uen cuite n'était pas inclu dans mon programme d'écrivain. Ouvrant mon paquet, je ne pu m’empêcher de lui parler. « Alors. Je commence à te harceler de questions. Célibataire ? Un travail ? Des études ? Tu m’fais un câlin ? ». Être sérieux ce soit n’est pas dans mes cordes. En sa compagnie, je me sens comme un enfant, loin de mon attitude d’homme concentré du travail. J’avais envie de parler pendant des heures avec elle, mais autant commencer simplement non ? Les réponses que je veux viendront peu à peu, je l’espère. Même si je dois attendre des années avant qu’elle me le dise.
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Jeu 30 Juin - 22:50

    J'attrapais une canette de bière et l'ouvris. Je lui souris et lui tendis.
    « Alors. Je commence à te harceler de questions. Célibataire ? Un travail ? Des études ? Tu m’fais un câlin ? »
    Il m'avait devancé, je voulais lui poser les mêmes questions, dans le même ordre.
    J'avais ou plutôt nous avions la même façon de penser, quelques fois, un regard suffisait pour rire. C'était ça, la magie de notre relation, de notre amitié.
    Qu'est-ce que j'allais lui dire. Je n'ai pas de boulot, j'ai arrêté mes études au milieu d'une année, que je réussissais, dans laquelle j'y avais mis tout mon cœur. Que le seul homme que j'aimais, c'était lui et que je n'étais jamais sortie plus sortie avec quelqu'un depuis que je l'avais connu ? Que ces deux dernières années rimaient avec pleurs et alcool ? Que je n'avais pas encore trouvé de boulot et que depuis qu'on s'était quitté, je n'avais pas dépassé le prologue de mon livre ? Je n'allais pas me rabaisser à ça. Je contentais de sourire et d'ouvrir le paquet de chips. Je pris une poignée de chips. J'en mangeais un et lui répondis.
    « Alors. Toujours célibataire, pas de travail, j'ai arrêté mes études depuis la.. depuis deux ans. »
    Ma langue fourcha, j'étais à deux points de tout lui dire en une réponse. Depuis... la mort de ma mère et la disparition de mon père. Qu'est-ce que j'aurais été conne. C'était mon père qui m'encourageait, qui m'expliquait pour mes cours. Sans lui, les cours devinrent si monotones et en plus, je m'y perdais, mes pensées n'étaient plus consacrés à l'école mais à eux. Ma famille, ceux que j'avais perdu et le bonheur que j'avais perdu en quelques heures. Je gardais le sourire, même si mes pensés se noircissaient de plus en plus. Je continuais la conversation, tout en le regardant, encore et encore, dans les yeux.
    « Et toi monsieur ? Une femme, des enfants ? Et ton livre, il en est où ? Tu fais quoi dans la vie maintenant ? Tu avais l'air tout sérieux au café tu sais ? »
    Tu avais l'air tout sérieux au café... Pourquoi avais-je lâché ça ? J'avais fais semblant de ne pas le voir. Je m'étais trahie en lâchant ça, il sait désormais que je l'avais déjà remarqué. J'espère qu'il ne va pas croire que je voulais à tout prix l'éviter, même si c'était vrai... J'aurais cru qu'il allait m'éviter, s'il m'avait reconnu. Mais j'avais tord, on en était au point à être dans mon salon, en train de s'engraisser et de boire, lui dans un tee-shirt trop petit et moi dans un état plus que motivant. Je souriais, sans m'en rendre compte. Son rire qui entre avec le main, m'avait manqué aussi. J'étais heureuse. Il était là. Maintenant, c'est ce qui comptait.
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Ven 1 Juil - 14:02

    Rien qu’à la voir, je devinais qu’elle se posait plein de questions pour répondre aux miennes. J’ai stimulé une partie de son cerveau qui lui force à me donner des réponses soient exactes soient totalement fausses. L’avantage pour elle étant que si elle me mentait, je ne l’aurais pas aperçu, trop captivé par mon paquet de chips et par son visage. Je pensais bien avoir la réponse à quelques questions. Mais rien n’était réellement sûr… Après tout, je ne l’ai pas vu depuis un moment et tout peut changer si vite. « Alors. Toujours célibataire, pas de travail, j'ai arrêté mes études depuis la... depuis deux ans. ». Arrêter ses études ? Elle qui était si brillante ? Mes hypothèses étaient donc fausses. Moi qui pensait qu’elle allait m’avouer avoir un fabuleux job et ou alors qu’elle allait avoir un quelconque diplôme ou je ne sais quoi. N’importe quoi qui puisse me rendre fière d’elle. Le célibataire quant à lui me semblait…évident. Aucune photo d’elle et une quelconque personne. Vide interstellaire dans la partie « amour » de son cœur. Sa vie devait être bien triste. Ou du moins, c’est mon avis. Rien ne semblait la chérir, et les émotions sur son visage sont parfaitement symbole de cette vacuité.
    J’allais lui poser des tonnes de questions, encore et encore, jusqu’à percer son secret et qu’elle me dise en détail ce qu’il lui était arrivé pour que du jour au lendemain, elle disparaisse de ma vie. Mais trop lent, elle me devança de peu. « Et toi monsieur ? Une femme, des enfants ? Et ton livre, il en est où ? Tu fais quoi dans la vie maintenant ? Tu avais l'air tout sérieux au café tu sais ? ». « Sérieux hein ? ». Je souris alors avant de prendre une bonne gorgée de bière. Je pourrais lui dire que ma vie se résume à dormir sur mon carrelage, que j’écris sans cesse et que ma vie est minable. Seul, pas de réelle compagnie depuis qu’elle est partie. Mais cette vie minable me plait. Ou du moins, je me persuade qu’elle me plait ne me disant que ma sœur n’a pas vécu ce que j’ai vécu. Pas ces moments horribles. Mais en y réfléchissant… J’aurai préféré qu’elle soit là. Mais passons. Je pris des chips une fois de plus, et souris. Je crois que je ne pouvais rien faire de plus. « Ma femme va accoucher dans deux mois, lui dis-je en souriant. D’une petite fille. ». Je suis capable de mentir comme je le veux. Malheureusement pour moi, lorsque ces mensonges sont trop gros… J’ai du mal à m’empêcher de rire.« Non, sérieusement. Je suis toujours célibataire. Tu m'vois marié ?! » M’aura-t-elle cru au moins quelques minutes ? J’en doute. Et je le verrai à la lueur de ses yeux, de toute façon. « Et mon livre… c’est déjà le troisième. Je suis censé le sortir la semaine prochaine, mais je n’en ai écrit que quelques pages. ». Soupir soudain. Aurai-je le temps de finir cet ouvrage ? J’en doute. Mais je m’en fiche bien, le plus important étant de rattraper le temps perdu avec Leah. «[color:7ef4="C24526] Je m’en sors sinon. Je suis devenu prof à l’université… ». Soupir à nouveau. Même en me persuadant que ma vie est bien, je n’arrive pas à y croire. Ou du moins, je n’y arrive plus. Relevant alors la tête, plongeant mon regard dans le sien, je lui dis à nouveau un sourire. Arrivait-elle à voir qu’en vérité, je vais mal ? J’ai réussi à lui cacher la mort de ma sœur pendant les années que nous avions passé ensemble, y arriverais-je à nouveau ?
    Sans vraiment m’en apercevoir, j’avais déjà terminé mon paquet de chips que je posais alors sur le carton-table. Je prenais le temps de finir ma bière, et cherchais quoi dire à Leah. « Je suis heureux de te retrouver enfin, petite soeur. ». Mes sentiments ressortent sans que je le veuille vraiment. Mais changeons vite de sujet...« Pourquoi arrêter tes études comme ça ? Qu'est-ce... enfin, pourquoi ? »
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Ven 1 Juil - 14:55

    Je pris une gorgée de bière. Il ne resta qu'à peine la moitié. Je crois que je vais finir saoule à danser à poil sur la table, si je continue à boire aussi vite.
    « Sérieux hein ? »
    Je fis mine de ne faire comme si de rien était. Me décrochant de son regard quelques instants. Il mangeait à une vitesse folle. Le paquet était à moitié vide. Au pire il s'étouffe et je le jette par la fenêtre.
    « Ma femme va accoucher dans deux mois, lui dis-je en souriant. D’une petite fille.»
    J'éclata de rire, et il me suivit. Oui bien sûr, le croire. Il ne savait mentir, il finissait par rire ou avoir un petit sourire en coin. À vrai dire, il ne savait pas mentir avec moi. Il n'arrivait pas, et quand il essayait je le découvrais. C'était comme ça entre nous deux. Il ne savait pas que je savais le décrypter, que j'avais étudié ses gestes par cœur. Enfin. Ce qui m'énervait, c'est de ne pas savoir ce qui lui faisait mal. Parce que dans son regard, quelques fois, il y avait de la gène et de la peine. Sûrement à cause de son passé. Mais lequel ? Je ne savais rien, j'aurais voulu tellement savoir. J'étais là pour lui, et je le suis toujours... Je pouvais me taire en fait, il ne savait rien de ces deux dernières années, et j'aurais dû lui faire confiance. Mais je n'avais pas envie de le laisser dans mes problèmes. Je ne voulais pas qu'il sache.
    Je lui souris. Il continua.
    « Non, sérieusement. Je suis toujours célibataire. Tu m'vois marié ?! »
    Ouais c'est vrai, il était pas porté sur le mariage. Ni sur l'amour. Je me demandais s'il avait connu, déjà le grand amour. S'il avait ressenti quelque chose de fort dans sa tête pour quelqu'un. Il était renfermé sur ce sujet, comme si 'être amoureux' ne l'avait jamais touché. Il ne m'avait jamais parlé de ses conquêtes, de ses anciennes petites-amies. Pourtant, je sais qu'on aurait bien déconner sur un sujet pareil. Je rigola et lui fit un 'Non' avec ma tête. En finissant ma canette, j'attrapais quelques chips et le laissa continuer à répondre à mes questions.
    « Et mon livre… c’est déjà le troisième. Je suis censé le sortir la semaine prochaine, mais je n’en ai écrit que quelques pages. »
    Je le regardais droit dans les yeux. Je n'avais même pas pris la peine de chercher ses livres, quand nous nous sommes perdus de vue. À vrai dire, je n'étais plus sortie pendant ces deux années, sauf la nuit, dans les rues à traîner ou à boire dans les bars. Les librairies n'étaient plus pour moi. Et je n'avais jamais entendu parler d'un nouvel écrivain à la télévision. Sa réaction était courte, il était désespéré, j'en avais l'impression. Il soupira et continua la fin de sa phrase. Comme si, parler de lui le dérangeait. J'avala les chips et me servais un verre alcoolisé.
    « Je m’en sors sinon. Je suis devenu prof à l’université… »
    J'avala une gorgée à nouveau et lui répondis, le fixant à nouveau dans les yeux. Ce n'était pas du tout voulu, mais j'aimais bien le regarder dans les yeux. Cette réaction ne l'avait jamais dérangé. Il n'avait jamais décroché mon regard. De mon côté, à chaque fois qu'il me regardait, qu'il me fixait les yeux dans les yeux, après quelques secondes, je baissais ma tête. Je ne savais pas pourquoi, et je ne le sais toujours pas.
    « Je me sens ridicule tu peux pas savoir... J'ai pensé à ton livre plusieurs fois, si tu en avais sorti un et tout... Mais je n'ai plus mis un pied dans une librairie depuis deux ans. »
    Je déposais ma main sur ma figure tout en la baissant, une honte. Voilà. Je relevais ma tête et lui souris, un sourire léger.
    « Prof à l'université ? Tu veux pas être le mien aussi ? On doit t'adorer là-bas, puis les minettes elle doivent fantasmer sur toi, j'parie. »
    J'éclata, une nouvelle fois, de rire. Non mais, si je l'avais comme professeur, sans le connaitre, je fantasmerais dessus. J'avais déjà fantasmer sur un professeur, même que Killian s'amusait à se moquer de moi pendant un moment. Et il me faisait quelques fois du chantage avec ça. Il voulait aller lui dire. À la fin de l'année, j'avais été le trouver pour lui dire. Pari pour de l'argent, que Killian ne m'a même pas donner.
    « Je suis heureux de te retrouver enfin, petite soeur. »
    Je me sentis gênée, et baissa la tête. Je rougis légèrement. En relevant ma tête, je le pris dans mes bras. Ceci signifiait tout. Il m'avait manqué aussi, et j'étais vraiment heureusement de le retrouver. Je me décrochais de lui et lui souris. Un sourire sincère, un encore en plus depuis que je l'avais retrouvé. Je bu la dernière gorgée de mon verre. Et le déposa. Je ne devais pas boire de trop non. Au pire, il se serait marré, se serait moqué de moi, comme à chaque fois que je me bourrais la gueule.
    Je souris, encore et encore jusqu'à entendre ces deux questions.
    « Pourquoi arrêter tes études comme ça ? Qu'est-ce... enfin, pourquoi ? »
    Non, je ne dois pas pleurer. Ne pense même plus à ce passé, à cet accident, à cette disparition. Ne pense pas à eux comme ça, ne pleure pas. Souris, c'est ce qu'ils veulent. Respire Leah, respire.
    Je le regardais les yeux dans les yeux comme si de rien était, cherchant une réponse. Quelques secondes de silence. Je devais tout lui dire. Vraiment. Pourquoi lui mentir, ça me servirait à quoi ? En plus, je devais bien me lâcher un jour.
    « Je n'avais plus la motivation de rien, à cause de certaines choses. »
    Je baissa la tête en me concentrant sur mes mains, qui elles étaient moites.
    « On va dire que la vie m'a laissé tombé à ce moment-là, et que plus aucunes motivations étaient avec moi, plus personne non plus... »
    Lui, il était là. Je le savais très bien, mais je l'avais laissé tombé. Comme une conne. Je relevais la tête. Serrant ma main dans l'autre, empêchant mes larmes de coulées.
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Ven 1 Juil - 16:28

    Même lorsque c’est moi qui parle, je reste captivé par son visage. Son sourire, ses lèvres. Je me répète… Mais me décrocher d’elle est impossible. « Prof à l'université ? Tu veux pas être le mien aussi ? On doit t'adorer là-bas, puis les minettes elles doivent fantasmer sur toi, j'parie. ». Je ris alors. À vrai dire, je ne me suis jamais posé cette question. Suis-je si irrésistible ? Alors comme ça les filles seraient plus intéressées par mon physique que par mes théories de cerveaux flottants dans des bocaux et que nous sommes manipulés par un savant fou ? Me regardaient-elles moi lorsque j’ai diffusé le film Matrix ? Décidemment, je dois vraiment être seul pour ne pas m’apercevoir que je pourrais avoir qui j’ai envie, et plus jeune que moi, dans mon entourage. « Je suis si craquant que ça ? Tu craquerais sur moi, toi ? ». Pourquoi cette question ? Je n’en sais rien. Mais je ne pu m’empêcher de la poser, même si je n’attendais pas vraiment de réponse.
    Elle me prit dans ses bras, et je ne pu m’empêcher de la serrer contre moi. Ces embrassades m’avaient manqué, je ne peux le nier. Tout chez elle m’avait manqué, en fin de compte. Elle se sépara trop rapidement de moi. Je serais resté des heures ainsi, à la câliner, simplement à la sentir près de moi.
    Elle répondit enfin à ma question, question qui, autant le dire, me hantait l’esprit. Mais sa réponse, une fois de plus, resta trop vague pour que je sois satisfait. J’ai longtemps étudié le comportement des gens dans ce genre de situation. Bien que la personne vous fasse confiance, elle exprime un besoin de garder les choses pour elle, de peur que celles-ci vous blesse, ou tout simplement ne vous intéresse pas, même si vous avez posé la question. Enfin passons. « On va dire que la vie m'a laissé tombé à ce moment-là, et que plus aucunes motivations étaient avec moi, plus personne non plus... ». « Je… ». Retour de haine. N’étais-je pas là pour elle ? N’ai-je pas tout fait pour essayer de comprendre cette séparation soudaine ? Je détachais alors mon regard du sien pour fixer un endroit quelconque de son appartement. Changement d’humeur. « Merde Leah. Tu sais bien que j’aurai tout fait pour toi, et qu’est-ce que t’as fait hein ? ». Je me levai alors, renversant mon paquet vide. « Tu m’as rien dit, bordel. T’as rien fait pour me faire comprendre que tu allais mal. Tu m’as laissé en plan, comme une merde ! ». Mes deux mains sur ma tête, je ne m’aperçus réellement de l’état dans lequel elle était. « C’était si dur que ça de répondre à mes messages ? ». J’avais besoin de m’énerver, besoin de me faire entendre. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je ne me maîtrise plus réellement. « T’es pas la seule, bordel. T’es pas la seule à avoir vécu des choses difficiles. Je t’ai lâchée moi ? ». Arrêt. Plus rien. Sans réellement le vouloir, je faillis parler de Rose. Sans le vouloir, j’incitais mon cœur et mon corps à se révolter. Je fermais alors mes yeux, me rappelant de tout. Et c’est en les rouvrant que je m’aperçus que j’avais fait une erreur. Pourquoi m’énerver ? Pourquoi ne pas garder ma haine pour moi comme je le fais si souvent ? L’ai-je blessée ? Ai-je dis ce qu’il ne fallait pas ? Mes crises d’énervements se font violentes, certaines fois. Comme ce jour où… Non. Ne pas y penser. Je ne sais si j’ai touché Leah, si j’ai jeté quoique ce soit. Je ne me rends pas vraiment compte de la violence de mes gestes et encore moins de mes mots. Le pire étant que je ne sais pas comment me faire pardonner après avoir fait cela. Et Leah ne m'a jamais connu comme ça...
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Ven 1 Juil - 18:32

    « Merde Leah. Tu sais bien que j’aurai tout fait pour toi, et qu’est-ce que t’as fait hein ? ».
    Je baissais la tête, essayant de me concentrer sur mes larmes. Ne pas pleurer. Ne pas pleurer. Je ne relevais même pas la tête. Le paquet de chips tomba à mes pieds.
    « Tu m’as rien dit, bordel. T’as rien fait pour me faire comprendre que tu allais mal. Tu m’as laissé en plan, comme une merde ! »
    Je ne me relevais pas, me concentrant sur ma réaction. Je ne disais rien, mes mots s'embrouillaient. Je préférais me taire.
    « C’était si dur que ça de répondre à mes messages ? »
    Sa réaction. Celle que j'attendais mais pas aussi violente. Les larmes coulaient, sans raisons. J'étais traumatisée, énervée, je ne savais plus quoi faire. Je tremblais et pleurais en même temps.
    « T’es pas la seule, bordel. T’es pas la seule à avoir vécu des choses difficiles. Je t’ai lâchée moi ? »
    Je me levais et ne le regardais même plus. Je savais qu'il avait eu des problèmes, je le savais. Mais je ne savais pas lesquels. Il s'était levé d'une manière violente. Il n'avait jamais été comme ça avec. Je n'avais jamais découvert cette partie de lui, cette réaction. Son malheur se ressentait quelques fois. Quand le silence prenait place et que je le regardais. Il regardais souvent le plafond avant de s'endormir. Je ne pouvais pas lire dans ses pensés, mais les traits qui se dessinaient sur son visage faisait tout le contraire de ce que je voyais à chaque fois qu'on riait ensemble, qu'on parlaient. On était heureux, ensemble. J'étais heureuse tout le temps, lui non. Je le ressentais, mais ne voulais pas entamer le sujet. N'ayant jamais vécu de choses du genre, n'ayant jamais pleurer, jusqu'à ce fameux jour de janvier 2009.
    Je m'avançais tout près de la baie vitrée. Regardant le ciel, regardant au loin. La ville était illuminée. J'aimais bien imaginer ce que font les gens au même instant que moi. Et puis se dire que certains sont dans la même situation que moi, d'autres rient à tout va, certains découvrent le bonheur ou la tristesse. Et certains meurent.
    « Tu ne m'as jamais lâché, et je t'en remercie oui... Mais... J'avais peur, peur de tout. Je n'avais pas envie de te donner plus de problèmes que tu n'en avais déjà. Car je sais que tu as été mal, dans le passé, que la vie ne t'as pas gâté niveau bonheur, ça se voit... Je n'ai jamais voulu t'en parler de ça, j'ai essayé de t'oublier, car j'ai cru que ma vie n'avait plus de sens. Ma mère est décédée Killian... Mon père s'est enfuit et ma soeur s'est barrée, juste car elle détestait à jamais cette vie, cette maison. J'ai voulu t'oublier pour ne pas te faire part de cette putain de passe dans ma vie, je voulais m'isoler. Et puis j'avais peur que tu t'embrouilles avec ça, tu as d'autres chats à fouettés que ma pauvre vie. De moi, la fille sans défense car son monde parfait s'écroule. Je m'en excuse. Je suis désolé. Je tiens tellement à toi, je... Et puis, si tu savais...»
    Je m'arrêtais sec. Et me retournai vers lui. J'avais lâché tout ce que je pensais. Sauf mes sentiments. Et puis si tu savais... J'avais fais mieux de m'arrêter là. J'avais les yeux rouges, la colère était là. Sa réaction avait été plus que violente. Et je ne comprenais pas. Je comprenais sa réaction à moitié. Mais la violence dans ses mots, dans ses gestes me restaient en tête. Si j'aurais dis à l'instant que je l'aimais. Tout ce serait écroulé. Notre amitié avec. S'il savait ce que j'éprouvais pour lui n'était pas réciproque... Enfin, je n'en savais rien. Et savoir le contraire de ce que je ressens, le découvrir ou que lui me le dit en face me détruirait plus qu'autre chose. Je m'arrêtais donc, le regardant dans les yeux. Un moment de silence se répandit. Il était à l'autre bout de la pièce. On s'observait. Mes pensés s'embrouillaient. Je ne savais plus. En quelques minutes, les rires s'étaient dissipés. Mes larmes coulaient de plus belle. Mes mains derrières moi. Je baissais le regard une nouvelle fois.

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Sam 2 Juil - 20:26

    J’eu ma réponse sans réellement comprendre pourquoi. Mes mots avaient-ils été si violent pour qu’elle me dise tout ainsi ? Qu’avais-je vraiment dit ? Je n’avais fait que la suivre du regard, la voyant partir près de la baie vitrée et se retourner face à moi. Je la regardais, la fixais même, et cherchais à comprendre. Je passais ma main dans mes cheveux, clignais légèrement des yeux. Séparés de quelques pas, je n’avais même pas le courage de me rapprocher d’elle. J’essayais en vain de me rappeler ce que j’avais dit, sans que rien ne me revienne à l’esprit. Mon agressivité passagère peut s’avérer dangereuse, j’en suis conscient, et mes souvenirs reviendront dans la soirée, c’est une certitude. Mais là seule chose à faire, là, était de ne rien dire. Le temps s’était comme arrêté. Un arrêt sur image. Plus rien. Silence. J’aurais aimé m’avancer et m’excuser, mais je n’en étais pas capable. Je suis trop faible, trop lâche pour ce genre de chose. Mais il le fallait bien. Je me devais de mettre ma lâcheté de côté, et de lui parler. Et vite… Ou sinon je sais que je vais me défiler et partir.
    Je m‘avançais alors lentement, d’un pas incertain. Simplement lui parler ? La prendre dans mes bras ? J’étais incapable de faire les deux. Allait-elle au moins me pardonner ? Je n’en sais rien. Et je m’étais, sans vraiment m’en rendre compte, persuadé qu’elle n’allait plus jamais me parler, ne plus affronter mon regard. Je vis alors ses larmes couler. Et je compris que je me devais de faire vite, très vite. J’accélérais alors mon pas, et l’atteins rapidement. Je la pris alors dans mes bras. Cette option était la plus potable pour démarrer. « Pardonne-moi… Je voulais pas… ». Et la deuxième pour continuer. Je m’en voulais réellement. Cette fois-ci, c’est moi qui avais fait une erreur, et j’en étais bien conscient. Mes tremblements reprirent, comme lorsque nous étions dehors. Dans ces moments d’émotions, d’énervements soudains également, mes tremblements font leur apparition. Un mélange de peur, de haine, et surtout de tristesse, voilà ce à quoi ils étaient du. Ou alors, peut-être suis-je vraiment fou. Ecartons cette hypothèse, même si mon psy en est sûr à quatre-vingt dix-sept pourcents. « Je… J’me contrôle plus. ». Je lui relevais alors la tête, tentant de lui sourire sans vraiment y arriver. Maintenant, je sais ce qu’elle a vécu. Je sais qu’elle non plus n’a pas vécu quelque chose de facile. « Ta vie passe avant la mienne, petite sœur. Tu es plus importante que le reste à mes yeux. ». J’eus envie de pleurer mais me retins, comme toujours. Mes yeux devaient certainement refléter ma tristesse mais surtout le fait que je m’en veux d’avoir eu cette crise. Mais comment dire… je ne peux pas m’en sortir. Je ne peux pas m’empêcher, un moment ou l’autre de faire éclater la rage que j’ai à l’intérieur de moi.
    Me détachant de son corps quelques instants, je ne savais quoi faire, quoi dire. « Je te promets que quoiqu’il se passe… ». Je repris mon souffle, parlant sans réellement réfléchir à ce que j’allais dire. « Je serai là. Pour toi. Toujours. ». Les sentiments reprirent à nouveau le dessus. Mon cœur battait à m’en arracher la poitrine. Qu’allait-elle me dire ? Ou faire ? Me mettre à la porte, me pousser, et me forcer à reprendre ma vie. Ou… « Perdre un membre de sa famille est… la pire chose qu’il ne puisse arriver. Je le sais…je… ». Mutisme soudain. Deuxième fois de la soirée que Rose me revient à l’esprit. Je fermais alors mes yeux, enlevant son visage de mes pensées, détournant la tête, ne regardant plus Leah. Notre soirée risque d’être gâchée par nos souvenirs…
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Re-meeting around a coffee cup ♥ Leah & Killian

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